Le site de référence sur la série fbi portés disparus
Bienvenue sur www.fbi-fr.net nous sommes le jeudi 12 décembre bonne fête aux Chantal.
Pseudo : Nemesis
Genre : PG-13
Résumé : Un jeune avocat disparaît et l'équipe de Jack Malone est chargée de le retrouver. Cependant, les choses se compliquent un peu quand Sam se retrouve mêlée de près à cette affaire.
Disclaimer : Hélas, l'univers de "FBI : Portés disparus"et ses personnages ne sont pas à moi. De plus, les marques citées dans cette fiction appartiennent à leurs propriétaires respectifs.
Complète : Oui.


"L’orphelin"


[Une rue de New York – Début d’après midi]
En ce jour de juillet, l’atmosphère qui pesait sur New York était lourde et poisseuse. Le thermomètre frôlait les 40°C mais cela n’empêchait pas Alexandre MacAllister d’arborer son éternel costume trois pièces. Son attaché case sur les genoux, il regardait avec exaspération le flot de voitures qui se trouvait autour de lui. Il se trouvait sur la banquette arrière d’un taxi qui était bloqué dans un des légendaires embouteillages de la ville et il ne semblait pas particulièrement apprécier cette situation. Alors qu’il s’apprêtait à pousser un juron, son téléphone sonna. Il le sortit de la poche intérieure de sa veste, décrocha, et son visage se renfrogna encore plus. Il écouta son interlocuteur quelques secondes puis marmonna d’un ton maussade :

"C’est bon je ne suis pas très loin, je te rejoins dans cinq minutes."

Il rabattit sèchement le clapet de son cellulaire, paya le chauffeur et descendit. Il s’engagea ensuite dans la foule et partit d’un pas pressé.


GENERIQUE


[Disparu depuis trois heures]
[Batiment du FBI – Service des personnes disparues – L’après midi]

Jack Malone posa la photo d’un trentenaire souriant et soigné au centre de la table.

JACK : Voici Alexandre MacAllister. Il a disparu en début d’après midi.

L’équipe était au complet et Martin sourcilla.

MARTIN : MacAllister ? Ca me dit quelque chose.

JACK : Ce n’est pas impossible Martin. Il est avocat et travail dans le cabinet de son père.

MARTIN : Mais bien sûr. Andrews, Fish et MacAllister.

JACK : Exact. C’est l’un des plus prestigieux cabinet de l’Etat et quelqu’un de très haut placé m’a d’ailleurs fait comprendre que cette affaire devait passer en priorité.

SAM : Qu’est ce qu’on sait pour l’instant ?

JACK : Sa secrétaire l’a vu pour la dernière fois à 12h15 et apparemment il a prit un taxi pour se rendre à un rendez-vous. Elle a fournit l’adresse de la compagnie qu’elle a appelé.

SAM : C’est déjà un début.

JACK : Danny et toi je veux que vous vous y rendiez et que vous interrogiez le chauffeur qui l’a conduit.

Ils se levèrent et s’exécutèrent aussitôt. Jack se tourna vers Vivian.

JACK : Tu restes ici et tu me cherches tout ce que tu peux sur ce type. Pendant ce temps, Martin et moi allons interroger sa secrétaire et ses parents. Et fait aussi passer sa photo et son signalement à toutes les autorités.


[Disparu depuis quatre heures]
[Bureaux de la compagnie de taxi – L’après midi]

Sam et Danny s’arrêtèrent devant un grand bureau. Une femme d’une quarantaine d’années leva les yeux vers eux et les inonda d’un flot de paroles :

LA FEMME : Vous êtes sûrement les personnes du FBI. On m’a prévenu de votre visite, je vous attendais. J’ai réuni les chauffeurs qui rentraient du dépôt, ils vous attendent.

Elle se leva aussitôt et d’un signe de tête leur fit comprendre de la suivre. Elle les conduisit dans une pièce exigu où une dizaine d’hommes attendaient assis en rang d’oignons. Sam pu enfin prendre la parole tandis que tous les regards se tournaient vers elle.

SAM : Je suis l’agent Spade et voici l’agent Taylor. Nous sommes du bureau du FBI et nous aimerions savoir si l’un d’entre vous a pris cet homme dans son taxi.

Tout en parlant, elle sortit la photo d’Alexandre MacAllister. Un afro-américain se manifesta aussitôt.

LE CHAUFFEUR : Moi j’ai pris ce gars aujourd’hui.

L’homme se présenta et les agents l’entraînèrent à l’écart tandis que les autres retournaient travailler.

DANNY : A quelle heure êtes vous passé le prendre ?

LE CHAUFFEUR : J’ai du me garer devant son bureau vers midi et quart et il est arrivé quelques minutes après.

DANNY : Où voulait il aller ?

LE CHAUFFEUR : Il m’a dit de le déposer au restaurant de l’hôtel Carlton. Je pense qu’il devait avoir un repas d’affaires. Vous savez, ce genre de gars j’en trimballe à longueur de journée alors...

DANNY : Pardonnez moi mais le temps presse. A quelle heure l’avez-vous déposé au restaurant ?

LE CHAUFFEUR : Mais je ne l’ai pas déposé.

SAM : Pardon !

LE CHAUFFEUR : En fait, nous étions pris dans les bouchons. Ca a eu l’air de l’agacer alors il m’a payé et il est descendu.

DANNY : Où ça ?

LE CHAUFFEUR : Heu... à la hauteur de la 43ème.

DANNY : Et il ne s’est rien passé d’autre ?

LE CHAUFFEUR : Non je ne vois pas.

DANNY : Merci. Nous aurons peut être besoin de revenir vous voir.

LE CHAUFFEUR : Je suis à votre disposition.

Alors qu’ils s’apprêtaient à partir, le chauffeur les retint.

LE CHAUFFEUR : Excusez moi mais je viens de me rappeler qu’avant de descendre le type a reçu un coup de fil.

SAM : Vous souvenez vous de ce qu’il a dit ?

LE CHAUFFEUR : Non pas exactement mais en tout cas ça n’a pas duré longtemps. Il me semble qu’il devait rejoindre quelqu’un qui ne se trouvait pas loin.

SAM : C’est tout ?

LE CHAUFFEUR : Oui je crois.

SAM : Et il était comment ? Plutôt maussade, joyeux ?

LE CHAUFFEUR : Maussade sans hésitation. Enfin, il devait pas avoir rendez-vous pour une partie de jambes en l’air.

Content de sa blague, il partit d’un rire gras tandis que Sam et Danny s’éloignaient.

SAM : Qu’en penses-tu ? Une femme mécontente, un client furieux, un proche ?

DANNY : Je ne sais pas encore, mais ça devait être important pour qu’il annule son rendez-vous d’affaires.

SAM : Oui. Rentrons au bureau pour voir si les autres ont du nouveau.


[Cabinet Andrews, Fish et MacAllister – L’après midi]
Jack et Martin pénétrèrent dans les bureaux du cabinet Andrews, Fish et MacAllister. Le luxe y était visiblement de rigueur et l’endroit semblait aussi stérile qu’un hôpital. Les deux agents se dirigèrent vers le bureau de la secrétaire. Martin frappa à la porte.

LA SECRETAIRE : Entrez.

JACK : Je suis Jack Malone du FBI et voici Martin Fitzgerald. Nous aimerions vous parler de votre patron.

La femme hocha la tête. Ses yeux étaient rouges et gonflés, preuves qu’elle avait pleuré.

JACK : Commencer d’abord par nous raconter sa matinée.

LA SECRETAIRE : M. MacAllister plaidait au tribunal ce matin. Il est arrivé ici vers 11h00 et a travaillé dans son bureau jusqu’à environ 12h15. Ensuite, il est parti à son déjeuner d’affaires.

JACK : A-t-il reçu quelqu’un dans son bureau ce matin ?

LA SECRETAIRE : Non, il travaillait sur des dossiers. Il n’avait aucun rendez-vous.

JACK : Et c’est lui qui vous a demandé d’appeler un taxi ?

LA SECRETAIRE : Oui. Lorsqu’il est rentré du tribunal il m’a demandé d’appeler la compagnie habituelle.

JACK : D’accord. Pouvez vous nous dire si votre patron avait des ennemis ?

LA SECRETAIRE : Vous savez lorsqu’on est avocat on a toujours des clients mécontents, mais pas au point d’enlever quelqu’un.

JACK : Qu’est ce qui vous fait dire que c’est un enlèvement ?

LA SECRETAIRE : D’abord le fait qu’il ne se soit pas rendu à son déjeuner. Il avait rendez vous avec l’un des meilleurs clients du cabinet alors il n’aurait pas annulé sans une bonne raison. Et puis M. MacAllister a toujours eu des responsabilités et il les a toujours assumé. Il n’est pas du genre à disparaître du jour au lendemain.

Au fur et à mesure qu’elle parlait, Jack et Martin prenaient des notes.

JACK : Pouvez vous nous dire s’il s’est passé quelque chose d’inhabituel récemment ?

LA SECRETAIRE : Et bien... je ne sais pas. Disons qu’il avait l’air soucieux. A cause d’un ami.

FLASHBACK

La secrétaire entre dans le bureau d’Alexandre MacAllister. Celui-ci est assis dans son fauteuil. Il regarde par la fenêtre tout en buvant du scotch.

LA SECRETAIRE : Quelque chose ne va pas monsieur ?

Il ne répond pas.

LA SECRETAIRE : Monsieur ?

ALEXANDRE : Excusez moi, je ne vous avais pas entendu. Vous disiez ?

LA SECRETAIRE : Quelque chose vous préoccupe ?

ALEXANDRE : Pensez vous que l’on peut vivre sans amis ?

LA SECRETAIRE : De quoi parlez vous ? Vous avez beaucoup d’amis.

ALEXANDRE : Non. Des collègues de travail, des copains intéressés par mon argent ou par mon nom. Ca j’en ai beaucoup. Mais des amis ?

LA SECRETAIRE : Et ce monsieur dont vous me parliez souvent et dont vous sembliez si proche ?

FIN DU FLASHBACK

LA SECRETAIRE : Il ne m’a pas répondu.

JACK : Connaissez vous le nom de cette personne ?

LA SECRETAIRE : Non. En fait je ne sais pas grand-chose si ce n’est que Monsieur Alexandre sortait souvent avec lui pour jouer au golf.

JACK : C’est tout.

LA SECRETAIRE : Oui. Oh mais attendez. Je crois qu’il a mentionné une fois qu’il l’avait rencontré dans un bar près de chez lui.

JACK : Pensez-vous qu’entre eux il y avait plus... qu’une simple amitié.

La secrétaire paru quelque peu déstabilisée et outrée qu’on puisse lui poser une telle question, mais elle finit par se ressaisir.

LA SECRETAIRE : Non, bien sûr que non. Je sais que Monsieur Alexandre apprécie énormément la gente féminine. Seulement, il est vrai qu’il a toujours eu une vie plus ou moins solitaire et je pense qu’il était heureux d’avoir trouvé une personne avec qui discuter.

JACK : Merci pour ces informations. Nous allons vous laisser.

LA SECRETAIRE : De rien. Monsieur MacAllister père souhaiterait vous parler. Il vous attend dans son bureau.

Elle se leva alors pour les y conduire.

JACK (murmurant à Martin) : C’est bizarre. On devait le rencontrer chez lui avec sa femme.

MARTIN : Tu penses qu’il a quelque chose à cacher ?

JACK : Je ne sais pas encore.


[Bureau de William MacAllister – L’après midi]
Jack et Martin entrèrent dans le bureau de William MacAllister. Celui-ci les attendait assis dans un épais fauteuil de cuir noir, un cigare dans une main et un verre de scotch dans l’autre. Il se leva pour dire bonjour aux agents.

M. MACALLISTER : M. Fitzgerald, j’espère que vous êtes aussi efficace que votre père. M. Malone, j’ai beaucoup entendu parlé de vous. Asseyez-vous.

Ils s’exécutent.

M. MACALLISTER : Je suis désolé, je sais que nous devions nous voir à mon domicile mais ma femme est souffrante.

JACK : Nous devrons quand même lui parler.

M. MACALLISTER : Ecoutez, pour l’instant vous m’avez moi et je vais essayer de vous aider au mieux.

JACK : Très bien. Quand avez-vous vu votre fils pour la dernière fois ?

M. MACALLISTER : Hier soir au bureau.

JACK : Vous n’étiez pas là ce matin ?

M. MACALLISTER : Non. Vous savez à mon âge, je passe moins de temps au cabinet, il faut savoir laisser sa place. J’étais chez moi ce matin, avec ma femme.

JACK : D’accord. Votre fils vous a-t-il paru différent ces derniers temps ?

M. MACALLISTER : Non.

JACK : Nous avons entendu parler d’un nouvel ami avec qui il passait beaucoup de temps.

M. MACALLISTER : Hum... c’est possible mais je ne sais pas grand-chose sur lui.

JACK : Monsieur MacAllister, dans l’intérêt de votre fils vous feriez mieux de jouer cartes sur table.

M. MACALLISTER : Je vous demande pardon.

JACK : Vous ne pensez tout de même pas que vous allez nous faire croire ça. Je veux dire... un homme comme vous qui a toujours veillé sur son fils et qui a toujours voulu le protéger, vous avez du vous renseigner sur cet ami mystérieux.

M. MACALLISTER : Admettons que se soit le cas.

JACK : Qu’avez-vous trouvé ?

M. MACALLISTER : Rien. Enfin... tout ce que je sais, c’est que cet homme s’appelle John Miller, qu’il a deux ans de plus que mon fils et qu’il est issu d’une bonne famille.

JACK : Votre fils avait-il des ennemis ?

M. MACALLISTER : Pas à ma connaissance.

JACK : Merci, je pense que se sera tout pour le moment. Mais il est possible que nous ayons besoin d’autres renseignements.

M. MACALLISTER : D’accord. Tenez moi au courant.

Jack et Martin se levèrent, serrèrent la main de William MacAllister et sortirent de son bureau. Une fois dans l’ascenseur, Martin fronça les sourcils.

MARTIN : Tu crois vraiment ce qu’il nous a dit ?

JACK : Non, je pense qu’il ment mais je ne sais pas encore à quel degré. Ce qui est sûr, c’est qu’il est bien calme pour quelqu’un dont le fils a disparu.

MARTIN : C’est un sacré avocat et il est maître de ses émotions.

JACK : Oui. Il faudrait que nous réussissions à voir Mme MacAllister.


[Voiture de fonction du FBI – Une rue – Dans la soirée]
Tandis que Martin était au volant, Jack sortit son téléphone portable et composa un numéro.

JACK : Vivian, tu as du nouveau ?

VIVIAN : J’ai demandé ses relevés de comptes et de téléphones. Je devrais bientôt les avoir. Sinon, j’ai épluché une bonne partie de sa vie et il est aussi lisse qu’un miroir : enfance parfaite, études parfaite...

JACK : Continue de fouiller et élargit la recherche à ses parents.

VIVIAN : Ok

JACK : Et pourrais-tu me trouver l’adresse d’un certain John Miller ainsi que la liste des bars qui se trouvent près de chez Alexandre MacAllister.

VIVIAN : Pas de problèmes, je te rappelle quand j’ai tes infos.

Jack ferma le clapet de son téléphone puis le rouvrit et composa un autre numéro.

SAM : Spade.

JACK : Vous avez du nouveau ?

Elle lui fit le compte-rendu de leur entretien avec le chauffeur. Une sonnerie sur le téléphone de Jack le prévint qu’il avait un double appel.

JACK : Sam je te mets en attente deux minutes.

Jack appuya sur une touche de son téléphone.

JACK : Malone.

VIVIAN : J’ai les adresses des bars.

JACK : Je t’écoute.

Il sortit son carnet et se mit à écrire. Au bout de quelques secondes, la page fût remplie de son écriture penchée.

JACK : Et pour John Miller ?

VIVIAN : J’en ai trouvé plusieurs.

JACK : Y’en a-t-il dans les beaux quartiers ?

VIVIAN : Oui, j’en ai un au 372 Crescent Street.

JACK : Ce doit être lui, William MacAllister nous a dit qu’il venait d’une famille aisée. Bon boulot.

Il raccrocha puis appuya de nouveau sur son portable.

JACK : Sam, Danny et toi vous aller vous rendre chez un certain John Miller. Ce serait apparemment un ami très proche d’Alexandre MacAllister. Je te donne son adresse.


[Un trottoir – Dans la soirée]
Jack et Martin descendaient une rue. Vivian avait donné trois adresses de bars près de l’appartement d’Alexandre MacAllister. Ils venaient déjà d’en visiter un mais n’avaient obtenu aucuns résultats. Ils s’apprêtaient maintenant à se rendre au "Cintra", un établissement qui ressemblait plus à un salon de thé qu’à un bar. Ils pénétrèrent à l’intérieur et s’avancèrent vers le comptoir où ils montrèrent leurs badges au serveur.

LE SERVEUR : Le FBI. Waouh. En quoi puis-je vous aider ?

Martin sortit la photo d’Alexandre MacAllister et la lui montra.

MARTIN : Connaissez-vous cet homme ?

Le serveur l’examina à peine.

LE SERVEUR : Bien sûr. C’est M. MacAllister. Il vient ici au moins deux soirs par semaine. C’est un bon client et il est toujours généreux sur les pourboires.

MARTIN : Est-ce qu’il vient seul ?

LE SERVEUR : La plupart du temps oui, mais il a sympathisé avec Michael.

MARTIN : Michael ?

LE SERVEUR : Oui, Michael Howards. C’est un serveur. Un soir, M. MacAllister s’est mis dans un état déplorable. Il ne tenait même plus debout et Michael l’a ramené chez lui. Depuis ce jour là ils sont devenus amis.

Jack et Martin échangèrent un regard.

JACK : Pourrions nous parler à ce Michael ?

LE SERVEUR : Je suis désolé mais aujourd’hui il n’est pas venu.


[Disparu depuis six heures]
[Maison de John Miller – Dans la soirée]

Samantha et Danny se trouvaient dans la magnifique villa de John Miller. Celui-ci semblait assez nerveux et il ne cessait de tourner en rond.

DANNY : M. Miller, auriez vous l’obligeance de vous asseoir s’il vous plaît ?

Il s’exécuta aussitôt.

DANNY : Merci. Parlez nous d’Alexandre MacAllister. Quand l’avez-vous vu pour la dernière fois.

JOHN MILLER : Heu... la semaine dernière... peut être vendredi ou samedi.

DANNY : Vous ne l’avez pas revu depuis ?

JOHN MILLER : Non.

DANNY : Et il vous a paru préoccupé ?

JOHN MILLER : Non, il était jovial, comme d’habitude.

Danny et Samantha échangèrent un regard.

SAM : Et lorsque vous l’avez vu, était-il avec son chien ?

JOHN MILLER : Je ne me souviens pas.

DANNY : Faites un effort Monsieur Miller.

JOHN MILLER : Heu... oui, je crois qu’il était avec lui.

SAM : Monsieur Miller, Alexandre MacAllister n’a pas de chien et vous nous faîtes perdre un temps précieux. Je vous conseille vivement de nous dire ce que vous savez.

JOHN MILLER : Ecoutez, ça fait... des lustres que je ne l’ai pas vu.

SAM : Vous étiez fâchés ?

JOHN MILLER : Non pas du tout. Nous avons fait nos études ensemble et nous étions très proches à l’époque, mais je me suis marié et j’ai eu des enfants alors... on s’est éloignés peu à peu.

DANNY : Pourquoi nous avez-vous menti ?

JOHN MILLER : Comme je viens de vous le dire, j’étais très ami avec Alexandre et... je m’entendais très bien avec ses parents.

DANNY : Etes vous en train de nous dire que les MacAllister vous ont demandé de mentir ?

John Miller semblait hésité.

SAM : M. Miller ?

JOHN MILLER : J’ai reçu un coup de fil de William, enfin de Monsieur MacAllister sénior. Il m’a demandé de vous dire que j’étais très proche de son fils mais je ne veux pas avoir d’ennuis. Je ne sais pas pourquoi il m’a embarqué dans cette histoire.


[Batiment du FBI – Service des personnes disparues – Le soir]
Lorsque Martin et Jack retournèrent au centre des opérations du FBI, ils trouvèrent Danny et Samantha en train d’aider Vivian dans ses recherches.

JACK : Du nouveau ?

SAM : Après ton appel, nous nous sommes rendus chez John Miller et nous avons découvert qu’il s’agit en fait d’un vieil ami d’université d’Alexandre MacAllister. Il nous a également appris qu’il ne l’avait pas vu depuis deux ans et que MacAllister sénior lui avait gentiment conseillé de nous raconter son histoire montée de toutes pièces.

JACK : Et selon vous, qui dit la vérité ?

DANNY : On a vérifié les relevés téléphoniques d’Alexandre et John Miller n’apparaît à aucun moments.

JACK : Je vois. En somme, le patriarche nous mène en bateau depuis le début. Cela renforcerait aussi nos indices.

DANNY : Quels indices ?

JACK : Martin et moi avons découvert qu’Alexandre MacAllister a bien sympathisé avec quelqu’un.

MARTIN : Il s’agit en fait d’un serveur d’un bar qu’il fréquente souvent.

VIVIAN : Comment s’appelle t-il ?

JACK : Michael Howards.

Vivian tapota sur le clavier de son ordinateur.

VIVIAN : J’ai un nom qui correspond. Il a été arrêté plusieurs fois pour des vols à l’étalage et des petits larcins. Sa dernière adresse connue est 125 Darkbay street.

JACK : Vivian tu as trouvé des éléments intéressants sur les MacAllister ?

VIVIAN : Ils sont clean ou du moins ils en ont l’air.

JACK : Avec Martin essayez de creuser un peu. Je veux tout savoir sur eux : quelles sont leurs habitudes, leurs amis et même la marque de leur dentifrice. Danny et Samantha, vous allez me dénicher tout ce vous pouvez sur Howards. Vous avez une demi-heure. Si les résultats sont concluants, nous irons rendre quelques visites nocturnes.


[Batiment du FBI – Service des personnes disparues – Bureau de Jack - Le soir]
Jack était parti passer quelques coups de fils dans son bureau. Au bout de vingt minutes, Sam pénétra dans la pièce. Elle le trouva assis dans son fauteuil en épais cuir noir, les yeux fermés et la tête en arrière.

SAM : Jack ? Tout va bien ?

Il ouvrit les yeux mais ne lui répondit pas immédiatement. Sam ne dit rien et se contenta de s’asseoir en face de lui.

JACK : Maria et moi on est séparés.

SAM : Depuis quand ?

JACK : Ca va faire trois mois.

SAM : Trois mois !

JACK : Ouaih.

SAM : Je ne sais pas quoi te dire.

En fait, une question lui brûlait les lèvres. Elle se demandait si toute cette histoire la concernait. Quelques mois plus tôt, elle avait eu une aventure avec son patron. Un soir qu’ils rentraient du boulot après une journée difficile, les deux agents du FBI avaient cédé à l’appel de la chair qui leur tenaillait le corps. Après cette nuit passionnée, leur liaison avait duré deux mois jusqu’au jour où Jack l’avait emmené dîner au restaurant. Son air plus sombre qu’à l’habitude l’avait aussitôt alarmée et avant même de s’asseoir elle connaissait le but de cette invitation : il retournait avec sa femme. Il lui avait clairement expliqué que ses sentiments étaient toujours présents mais qu’il ne voulait pas offrir à ses filles une ambiance familiale brisée. Et elle, elle avait du se résoudre à l’idée de ne plus pouvoir tenir dans ses bras l’homme qu’elle aimait. Leur relation de travail ne s’en était heureusement pas ressentie, même si souvent leurs regards en disaient longs sur leurs sentiments. Puis revenant à la réalité, elle tenta de ne plus penser à tout cela. Après tout, Maria ne devait certainement pas être au courant.

JACK : On devait réfléchir.

Ils se regardaient droit dans les yeux et se rendirent compte simultanément que l’atmosphère dans la pièce était devenue pesante. Sam changea donc de sujet.

SAM : Je t’amenais les derniers résultats de l’enquête.

JACK : Alors ?

SAM : Viv a trouvé que Mme MacAllister, la mère d’Alexandre, a disparu pendant une année entre 1965 et 1966. Nous ne savons absolument pas ce qu’elle a fait durant cette période mais elle semble s’être volatilisée. Il y a peut être un rapport.

JACK : Quoi qu’en dise son mari, il faudra aller l’interroger. Et Howards ?

SAM : Il apparaît sur les relevés téléphoniques et bancaires d’Alexandre. Il l’a appelé une quarantaine de fois et la dernière remonte à ce matin vers 12H20. Cerise sur le gâteau, un versement de 30 000 dollars a été effectué sur son compte il y a moins d’une semaine.

JACK : Bien. Prends tes affaires et prévient Martin. On va aller lui poser quelques questions. Dit aussi à Danny et Vivian de continuer leurs recherches.

Sam se leva, s’apprêtant à s’exécuter, mais une fois qu’elle eut la main sur la poignée de la porte, elle hésita et se retourna.

SAM : Jack.

Celui-ci la regarda.

JACK : Oui.

La jeune femme se mordit légèrement la lèvre, comme un enfant n’osant pas avouer une bêtise.

SAM : Heu... non rien.

Elle quitta la pièce, laissant Jack seul à réfléchir. Qu’avait-elle voulu lui dire ? Au fond de lui il le savait...


[Darkbay street – La nuit]
Jack gara l’imposant 4*4 noir du FBI devant le numéro 125. Aucune lumière ne filtrait de la vieille maison délabrée. Les trois agents descendirent du véhicule et Jack donna ses instructions.

JACK : Faites le tour et repérez tout ce qui pourra vous semblez suspect. Soyez prudents.

Dans ce quartier mal fané, il fallait rester vigilent. Sam et Martin s’enfoncèrent dans la pénombre tout en sortant leurs armes de leurs étuis tandis que Jack s’avançait vers la maison. Lorsqu’il voulut frapper à la porte, celle-ci s’ouvrit en grinçant. Sentant venir le danger, il dégaina à son tour son arme et sortit sa lampe torche. Il pénétra lentement à l’intérieur et les odeurs de renfermé et de transpiration lui sautèrent au visage. Il ne pût s’empêcher de grimacer. Visiblement la femme de ménage ne devait pas venir souvent. Il continua son inspection dans le salon et dans la chambre. Personne. Il s’apprêtait à se diriger vers la salle de bain quand il entendit du bruit provenant de la cuisine. Il s’y rendit aussitôt et son sang se glaça dans ses veines. Le bras droit de John Miller enserrait le cou de Samantha tandis que de sa main gauche il pointait une arme sur sa tempe.

MICHAEL HOWARDS : Jetez votre arme Monsieur FBI sinon je la descends.


[Darkbay street – La nuit]
Après avoir reçu les instructions de Jack, Sam avait fait le tour de la maison. Arrivée près d’une fenêtre qui devait être celle d’une chambre, elle avait entendu derrière elle quelque chose bouger dans les buissons. Elle s’était immédiatement retournée pour voir... un chat au pelage plus que douteux. Rigolant intérieurement, elle avait poursuivi son inspection. A l’extérieur tout semblait calme. Elle s’était ensuite dirigée vers la porte donnant sur la cuisine et était entrée dans la maison. La pièce était plongée dans la pénombre mais ses yeux habitués à l’obscurité avaient distingué une montagne de vaisselles dans l’évier et une chaise retournée sur le sol avec des tâches rouges. Du sang ? Elle s’apprêtait à se pencher pour les examiner de plus près quand quelqu’un lui avait sauté dessus. Son arme avait glissé sur plusieurs mètres avant d’arrêter sa course sous une table. Elle se débattit et envoya un coup de pied à son agresseur mais celui-ci était coriace et avait riposté. Le coup qu’il lui avait porté au visage l’avait presque assommé et lui avait coupé la respiration quelques secondes. L’homme en avait alors profité pour ramasser l’arme et avant même qu’elle n’ait pu réagir, elle s’était retrouvé prise en otage et Jack était arrivé.


[Darkbay street – La nuit]
Bien que ses membres soient figés, son cerveau tournait à plein régime. Il se demandait s’il devait jeter son arme. Il était un bon tireur, mais les conséquences en cas d’échec auraient été trop lourdes à supporter.

MICHAEL HOWARDS : Je ne le répéterais pas deux fois. Jetez votre arme.

SAM : Tire Jack, tire.

MICHAEL HOWARDS : Ferme-la.

Il resserra son bras au tour du cou de la jeune femme et Jack lâcha son arme.

MICHAEL HOWARDS : Voilà qui est mieux.

JACK : Relâchez-là. Vous êtes coincé et vous allez aggraver votre situation.

MICHAEL HOWARDS : Ma situation.

Il se mit à rire.

MICHAEL HOWARDS : Quelle situation ?

JACK : Nous savons que vous avez enlevé Alexandre MacAllister. Où est-il ?

MICHAEL HOWARDS : Puisque vous savez tout, vous le trouverez bien vous-même.

JACK : Pourquoi lui avez-vous fait ça ? Il vous considérait comme un ami, il avait confiance en vous.

Jack essayait de gagner du temps tout en apprenant d’avantage sur l’endroit où pourrait se trouver le disparu.

MICHAEL HOWARDS : Vous ne comprenez pas. Il n’était pas mon ami. Il ne le sera jamais d’ailleurs. Il était trop naïf pour comprendre qui j’étais réellement. J’ai pourtant essayé de l’éclairer, mais cet imbécile ne pouvait se résoudre à croire que sa mère...

Michael Hoawrds n’eut pas le temps de finir sa phrase. Martin avait surgit derrière lui et avait tenté de l’assommer avec la crosse de son arme. Malheureusement, son entreprise échoua mais Sam parvint à se défaire de l’étreinte de son agresseur. Jack en avait profité pour ramasser son arme, mais il ne pouvait viser Howards car celui-ci était aux prises avec Martin et il ne voulait pas risquer de le blesser. Sam s’était rabattu sur le côté et Howards possédait toujours son arme. Martin et lui ressemblaient à deux joueurs de rugby pris dans une mêlée. Ils se tenaient par les épaules, s’envoyaient des coups de poings à tout va mais la situation ne semblait pas vouloir se calmer. Et puis soudain, le coup parti. Jack vit la scène au ralenti mais malheureusement il ne s’agissait pas d’un mauvais film qu’il pouvait rembobiner si la fin n’était pas à son goût. La balle vint toucher Samantha qui s’écroula à terre. Un filet de sang coulait de son chemisier blanc et le contraste entre les deux était saisissant. Howards, horrifié, jeta son arme, dont le canon fumait encore, et profita de l’inattention des agents du FBI pour prendre la fuite. Jack reprit enfin ses esprits.

JACK : Martin, va chercher du secours. Vite !!!

Tandis qu’il exécutait les ordres de son patron, celui-ci s’approcha de Samantha et s’agenouilla à ses côtés. Il enleva sa veste, la roula et la posa sous la tête de la jeune femme. Celle-ci gisait sur le carrelage froid, inconsciente. Jack déboutonna soigneusement son chemisier et vit qu’elle avait été touchée à l’épaule. Il tenta de son mieux d’arrêter l’hémorragie et lui pris la main.

JACK : Sam, reste avec moi. Je t’en supplie.


[Darkbay street – La nuit]
Quelques minutes plus tard, le taudis de Michael Howards était rempli d’ambulanciers qui s’affairaient autour de Samantha. Elle n’avait toujours pas repris connaissance et Jack la regardait, impuissant. Elle était sous ses ordres, sous sa responsabilité, et il n’avait rien pu faire pour empêcher ce drame. Jamais il ne se le pardonnerait si... Il ne préférait pas y penser. Il ne pouvait se faire à cette idée, surtout qu’il n’avait pas eu le temps de lui dire...

AMBULANCIER : M. Malone.

Jack fut extirpé de ses pensées par un ambulancier.

JACK : Comment va-t-elle ?

AMBULANCIER : Nous avons réussi à stabiliser son hémorragie. Nous allons l’emmener à l’hôpital Saint Andrews où elle sera probablement opérée.

JACK : Et vous pensé qu’elle va...

Il ne pût en dire davantage. Les mots restaient coincés dans sa gorge.

AMBULANCIER : Il est trop tôt pour se prononcer. Cependant, aucun organe vital ne semble avoir été touché.

JACK : D’accord. Merci.

Il la regarda partir sur la civière et Martin le rejoint.

MARTIN : Jack ça va aller ?

JACK : Ne t’inquiète pas. Je veux que tu ailles avec elle et que tu m’appelles dès que tu en seras plus.

MARTIN : Et toi qu’est ce que tu vas faire ?

JACK : J’ai une chose à régler.


[Park avenue – La nuit]
Jack tambourinait sur la magnifique porte en chêne depuis deux minutes quand quelqu’un vint enfin lui ouvrir.

M. MACALLISTER : M. Malone ! J’espère que vous avez une bonne raison pour débarquer chez moi à cette heure de la nuit.

JACK : Si je vous dis que Michael Howards a tiré sur un de mes agents, ça vous suffit.

MacAllister pâlit aussitôt. Avec sa robe de chambre hors de prix et ses cheveux ébouriffés, il aurait presque été drôle si la situation n’avait pas été aussi grave. Il fit immédiatement entrer Jack et l’installa dans son bureau. Il avait cependant retrouvé ses esprits et ne semblait pas vouloir se montrer très coopératif.

MACALLISTER : Je comprends votre angoisse M. Malone, mais je ne saisis pas exactement le but de votre visite.

JACK : M. MacAllister, comme je viens de vous le dire un de mes agents s’est fait tirer dessus et est en train de lutter pour sa vie dans un lit d’hôpital. Ma patience est donc très limitée et je vous conseille d’arrêter ce jeu stupide.

MACALLISTER : Est-ce une menace ?

JACK : Juste une mise en garde. Je sais que vous et votre femme êtes liés à cette affaire. Howards est en fuite et votre fils est toujours porté disparu. Je pense que vous feriez mieux de me dire la vérité.

Jack vit que le vieil homme hésitait, visiblement partagé entre la peur et l’obstination. Il poussa finalement un long soupir.

MACALLISTER : Michael Howards est le fils biologique de ma femme.

Jack fut abasourdi. Il ne s’attendait pas à une telle révélation. Puis il se souvint qu’Howards avait vaguement parlé de la mère d’Alexandre.

MACALLISTER : Lorsque ma femme avait dix-sept ans, elle a été victime d’un viol. Elle était suffisamment marquée par cette épreuve, mais comme si tout cela ne suffisait pas, le destin s’est acharné contre elle et au bout de quelques semaines elle a découvert qu’elle était enceinte. Les temps n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui et malgré tout ce qu’elle venait de subir, sa famille l’a forcé à garder l’enfant. L’avortement aurait été un sacrilège. Cependant, elle venait d’une famille très aisée et très à cheval sur les "quand dira on". Ils l’ont donc envoyé au Mexique pendant huit mois et elle a accouché sur place. Le lendemain, l’oncle de ma femme a conduit le nourrisson à l’église la plus proche et l’a laissé sur le parvis. Vous pouvez la juger, mais comment vouliez-vous qu’elle ait une vie heureuse en élevant un enfant qui lui remémorait inévitablement son viol.

JACK : Je ne suis pas la pour la juger. Je veux seulement connaître la vérité.

MACALLISTER : Un an plus tard, je l’ai rencontré. Elle avait repris ses études et cela l’avait aidé à retrouver un semblant de vie normale. Elle faisait de brillantes études de journaliste. Elle était magnifique, belle à couper le souffle. Nous nous sommes mariés et notre fils est né un an plus tard. Je ne suis au courant de cette histoire que depuis quelques années. La blessure est toujours là et même après toutes ces années de mariage, il a été très pénible pour elle de m’en parler. Pour en revenir à son enfant, elle n’en a jamais plus eu de nouvelles jusqu’à il y a quelques mois. Je ne sais pas comment il a fait, mais il l’a retrouvé. Il appelait les nuits en nous disant qu’il se vengerait. Ma femme a voulu lui parler mais il n’a jamais voulu rien entendre. Nous attendions donc qu’il mette ses menaces à exécution jusqu’au jour où Alexandre est venu dîner à la maison. Il semblait très enthousiaste et il nous a dit qu’il avait rencontré un garçon avec qui il était devenu très ami. Nous avons tout de suite compris qu’il s’agissait de Michael mais ma femme ne voulait absolument pas qu’Alexandre soit au courant de cette histoire et elle m’a chargé de m’en occuper. J’ai engagé un détective privé qui m’a appris qu’il habitait en ville, à Darkbay street. Je l’ai rencontré plusieurs fois et je lui ai demandé ce qu’il voulait. Il m’a dit qu’il voulait qu’Alexandre abandonne sa mère comme elle l’avait abandonné. Il voulait lui raconter sa version des faits, lui dépeindre sa mère comme un monstre sans cœur. Je lui ai alors proposé de l’argent.

JACK : 30 000 dollars n’est ce pas ?

MACALLISTER : Oui. Il devait en avoir le triple dans une semaine s’il s’engageait à sortir de nos vies.

JACK : Mais à la place il a pris l’argent et enlevé votre fils.

MACALLISTER : Je pensais pouvoir régler cette affaire moi-même, c’est pour cette raison que je vous ai menti. Et puis j’ai voulu à tout prix éviter que cette histoire ne se répande. Ma femme ne l’aurait pas supporté. Le résultat est catastrophique mais mes intentions étaient bonnes.

JACK : L’enfer est pavé de bonnes intentions. Vous avez eu tort. Peu importe. Ce qui m’intéresse c’est de le retrouver. Auriez-vous une idée de l’endroit où il pourrait être ?

MACALLISTER : Non. Je suis désolé.

JACK : Je vais envoyer un technicien pour faire mettre votre ligne sur écoute, au cas où. Si vous apprenez quoi que se soit, vous me contactez.


[Une rue – La nuit]
Jack était au volant de son 4*4 et s’apprêtait à rentrer au bureau quand son téléphone se mit à sonner. Il décrocha aussitôt.

JACK : Malone.

DANNY : Jack, on a eu des nouvelles de Sam. Elle va s’en sortir.

Jack freina brusquement. Il était si heureux mais se demandait si son cerveau avait bien assimilé cette nouvelle. Avait-il bien entendu ?

DANNY : Jack ? Jack tu m’entends ? Sam va s’en sortir.

Alors il n’avait pas rêvé. Elle allait vivre. C’était de loin la meilleure nouvelle de la journée.

JACK : Excuse-moi Danny, on a été coupé. Je te remercie de m’avoir prévenu. Vous avez eu des nouvelles de Michael Howards.

Cette fois, se fût au tour de Danny de ne pas répondre.

JACK : Danny, dit moi la vérité.

DANNY : En fait il a été repéré par quelqu’un. Nos agents sont en route.

JACK : Où est-il ?

DANNY : Je ne crois pas que...

JACK : Danny, dis moi où il est !!! C’est un ordre !!!

DANNY : Le serveur du "Cintra" nous a appelé. Howards a été se réfugier là-bas et...

Danny n’eut pas le loisir d’en dire plus. Jack avait raccroché.


[Bar le Cintra – La nuit]
Jack avait roulé à vive allure et il se trouvait maintenant devant le bar. Ses collègues n’étaient pas encore arrivés. Il ne savait pas dans quel état était Howards ni même s’il était armé. Il passa par l’arrière et trouva une porte de service qui n’était pas fermée à clé. Il se retrouva dans une réserve où s’entassaient des bouteilles d’alcools, des plateaux et des tabliers. Il poursuivit son chemin et sortit son arme. Au bout d’un long couloir, il aperçu la salle principale du bar. Le barman s’affairait derrière le comptoir tandis qu’Howards était affalé sur une banquette quelques mètres plus loin en train de vider un verre de whisky. A cette heure tardive, il était le seul client et c’était mieux ainsi. Jack capta discrètement l’attention du barman et lui fit signe de s’en aller. Il s’avança ensuite vers Howards, son arme pointer dans sa direction. Celui-ci le vit arriver mais ne bougea pas d’un pouce.

MICHAEL HOWARDS : Comment va votre collègue ?

JACK : Auriez-vous des remords ?

La remarque était sarcastique.

MICHAEL HOWARDS : Croyez ce que vous voulez. Mais je n’ai jamais voulu faire de mal à quiconque.

JACK : Alors dites moi où se trouve Alexandre MacAllister.

MICHAEL HOWARDS : Il est enfermé dans un garde meuble à côté de l’orphelinat St James.

JACK : L’orphelinat bien sûr.

MICHAEL HOWARDS : Je vois que vous êtes au courant de toute l’histoire.

JACK : Je le suis effectivement. Mais vous par contre, vous ignorez certains détails.

Bien que Jack braquait toujours son arme sur lui, Howards parut vouloir lui bondir dessus.

MICHAEL HOWARDS : Je vois que vous êtes spécialiste en affaires familiales.

JACK : Non. Par contre je suis spécialiste dans les affaires policières. Les viols par exemple. Howards devint livide.

JACK : Vous en avez toujours voulu à votre mère mais avez-vous jamais essayé de comprendre pourquoi elle vous avait abandonné ?

La terreur se lisait maintenant sur son visage. En une fraction de secondes il comprit.

MICHAEL HOWARDS : Ce n’est pas possible, non !!! Je voulais juste qu’il la voit sous son vrai visage. Après tout, elle m’a abandonnée et je l’ai toujours considéré comme un monstre. Je me suis renseigné et j’ai finit par obtenir l’adresse d’Alexandre. Je me suis alors arrangé pour me lier d’amitié avec lui. Au bout de quelques semaines je lui ait tout raconté mais il ne m’a pas cru. Il m’a dit que sa mère n’avait pas pût commettre un tel acte. Ce matin je l’ai appelé et il m’a rejoint dans une ruelle déserte. Je lui ai montré les papiers de mon adoption et il est entré dans une rage folle. Il m’a dit qu’il m'avait fait confiance mais que je n’étais en fait qu’un menteur et un faussaire. Mon sang n’a fait qu’un tour et je l’ai assommé. J’ai d’abord été paniqué mais j’ai ensuite réalisé que je pouvais me servir de lui pour que ma mère avoue enfin ce qu’elle m’avait fait. Je ne savais pas qu’elle avait été violée. En fait je ne suis qu’un...

Les mots lui manquèrent et c’est ce moment que choisirent Vivian et Martin pour arriver. Ils entrèrent dans le bar et furent visiblement soulagé que Jack n’ait pas commis d’acte irréparable.

MARTIN : Monsieur Howards, tournez-vous lentement vers moi, les mains sur la tête.

Howards ne bougea pas.

MARTIN : Monsieur Howards !

Il finit par se lever, lentement. Ses yeux étaient remplis de larmes. Il croisa le regarde de Jack et celui-ci comprit. Mais il était trop tard. Au lieu de se tourner lentement, il fit glisser de sa manche un couteau qu’il s’enfonça dans le coeur.

JACK : Nonnnnnnnn.

Howards s’écroula et les agents du FBI se précipitèrent vers lui. L’homme était à l’agonie. Il réussit toutefois à murmurer.

MICHAEL HOWARDS : Dites... dites à ma mère que je suis désolé.

Et il rendit son dernier souffle.


[Batiment du FBI – Service des personnes disparues – Très tôt le matin]
Les premiers rayons du soleil venaient lécher les immenses baies vitrées du service des personnes disparues. La nuit avait été longue et Jack semblait à bout de force. Michael Howards avait été transporté à la morgue et Alexandre MacAllister avait été retrouvé sain et sauf et ramené chez lui. Sa mère s’était effondrée en larmes quand Jack lui avait fait part des dernières paroles de Michael. Les prochains jours seraient probablement très durs pour la famille, mais ils s’en sortiraient. Vivian vint rejoindre Jack.

VIVIAN : Tu devrais rentrer chez toi.

JACK : J’attends Van Doren. Je voudrais partir quelques jours.

VIVIAN : Tu veux en discuter ? C’est Samantha n’est ce pas ?

JACK : Je ne sais pas. Toute cette histoire m’a... perturbé.

VIVIAN : Je comprends.

JACK : Mais ça va aller.

VIVIAN : C’est toujours ce que tu dis et je te le souhaite. J’espère te revoir la semaine prochaine.

JACK : Tu peux y compter.

Ils se sourirent et Vivian s’éloigna. Elle lui jeta un dernier regard.

VIVIAN : Ta vie privée ne me regarde pas, mais tes filles grandissent et elles sont intelligentes. Elles savent que tu les aimes et que tu seras toujours leur père. Et ceux quoi que tu fasses.


[Hôpital Saint Andrews – La journée]
Une semaine s’était écoulée depuis la mort de Michael Howards et Sam allait enfin pouvoir sortir de l’hôpital. Restez coincée dans cette chambre était devenu exaspérant. Elle ne supportait plus d’être enfermé entre quatre murs, elle ne supportait plus cette infâme nourriture et surtout, elle ne supportait plus les longues journées qui s’égrenaient si lentement. Elle avait eu tout le loisir de réfléchir, mais cette fois s’en était trop. Elle tournait et retournait sans cesses les mêmes questions. En effet, depuis "l’accident", tous ses collègues étaient venus lui rendre visite exception faite de Jack. Elle savait par l’infirmière qu’il prenait souvent de ses nouvelles mais elle ne comprenait pas son attitude. Quand elle avait tenté d’en parler à Vivian, celle-ci lui avait expliqué que Jack avait pris quelques jours de repos et qu’elle n’avait pas de ses nouvelles. Sam se demandait quelles pouvaient être les raisons qui le poussaient à agir ainsi. Se sentait-il responsable, avait-il honte ou bien tout simplement n’avait-il pas envie de la voir ? Au fond d’elle, elle lui en voulait un peu. Après tout ce qu’ils avaient vécu, il ne pouvait pas l’abandonner ainsi. Quand cette pensée l’effleurait, elle se traitait d’idiote. Ma pauvre fille, on dirait une collégienne. Jack n’est pas ton mari, il ne te doit rien. Mais au fond d’elle, elle avait espéré jusqu’au dernier jour qu’il lui rendrait visite. Lorsque la porte de sa chambre s’ouvrit, elle y crut un bref instant mais fut déçue. Ce n’était que l’infirmier.

INFIRMIER : Mlle Spade, l’ambulance qui doit vous ramener devrait être en bas dans une demi-heure.

SAM : Merci.

Lorsqu’il fut reparti, elle jeta rageusement un pull dans sa valise. Non, Jack ne viendrait pas. Malgré tous ses efforts, une larme perla le long de sa joue.


[Appartement de Jack – La journée]
Jack était resté prostré durant de longues heures. Avoir vu ses filles deux jours plus tôt lui avait fait le plus grand bien, mais maintenant il était seul. Bien que très propre, son appartement avait l’air lugubre. Les rideaux étaient tirés et une bouteille de bière trônait sur la table basse. Un vrai lieu pour les mâles... ou pour les hommes seuls. Il ne pouvait s’empêcher de se repasser le film de cette fameuse nuit. Il avait faillit la perdre. Pourtant, au lieu de se précipiter à l’hôpital pour lui crier tout son amour, il était resté là comme paralysé. Il s’en voulait. Maintenant, il savait qu’il devait prendre une décision, même si cela engendrerait de gros changements dans sa vie. Pris par un excès de détermination, il se leva pris les clés de chez lui et sortit.


[Hôpital Saint Andrews – La journée]
Sam déambulait dans les couloirs, accompagnée d’un ambulancier qui lui portait ses deux sacs beiges. Bien qu’elle fût heureuse de quitter cette atmosphère, la perspective de se retrouver seule dans son appartement ne la réjouissait guère. Arrivée dans hall, elle se rendit au secrétariat et régla ses frais médicaux. Elle se dirigea ensuite vers l’extérieur et respira à pleins poumons l’air chaud de ce mois de juillet. Le monde lui semblait bien plus beau et coloré que vu de sa fenêtre de chambre. Surtout quand elle le vit. Il était assis sur un banc, un bouquet de fleurs à la main. Leurs regards se croisèrent et elle ne pût s’empêcher de sourire. Elle sortit un billet de sa poche, s’excusa auprès de l’ambulancier et lui dit qu’elle allait rentrer par ses propres moyens. L’homme déposa les sacs à ses pieds et la remercia du généreux don qu’elle venait de lui faire. Jack s’approcha d’elle.

JACK : Salut.

SAM : Salut.

Il lui tendit le bouquet de roses rouges.

SAM : Merci. Elles sont magnifiques.

JACK : Tu as l’air en pleine forme.

SAM : Oui, tu n’avais pas pu le constater avant.

C’était plus fort qu’elle, elle n’avait pu s’empêcher de lui faire une remarque.

JACK : Je sais, j’ai eu tort. Je t’invite à dîner pour me faire pardonner. Je suis sûr que tu n’as rien vu qui ressemble à de la nourriture depuis plusieurs jours.

SAM : Ce n’est pas faux. Je rêve des fameuses spaghetti à la bolognaise que sert Mario.

JACK : Ca tombe bien. Il nous attend.

Sam n’en revenait pas, il l’emmenait dans son restaurant préféré. Bien qu’heureuse, elle restait méfiante. Que lui préparait-il encore ?


[Restaurant Chez Mario – Dans la soirée]
Le repas c’était déroulé sans anicroches. La jeune femme avait mangé avec appétit et aucun d’eux n’avait fait allusion au faits qui s’étaient déroulés précédemment. Ils avaient dégusté une excellente bouteille de vin et maintenant qu’ils s’attaquaient au dessert, ils se sentaient plus enclins aux confidences. Jack se lança le premier

JACK : Sam. Je suis vraiment désolé. Pour ta blessure et pour ne pas être venu te voir avant. Toutes ces choses qui se sont produites en si peu de temps ont complètement brouillé mon jugement. Mais par dessus tout, j’ai eu peur... j’ai eu peur de moi et de mes sentiments.

Tout en parlant, il lui avait pris la main et la jeune femme le regardait droit dans les yeux, buvant chacune de ses paroles.

JACK : J’ai eu le temps de beaucoup réfléchir et j’ai compris que je n’aurais jamais supporté de te perdre. Maintenant, je souhaiterais que tu saches que je t’aime.

Avait-elle bien entendu ? Il lui avait dit une chose qu’il n’avait jamais prononcée durant leur relation précédente. Jack Malone venait de lui dire qu’il l’aimait. Malgré une première impression de bonheur totale, elle se renfrogna.

SAM : Jack, je sais que tu as du t’en vouloir de ce qui est arrivé mais je pense que tu confonds la compassion et l’amour. Nous avons déjà essayé et tu m’as dit toi même que tu ne voulais pas décevoir tes filles.

JACK : Je sais mais Vivian m'a ouvert les yeux. Mes filles commencent à grandir et elles savent que je les aime. Je ne pense pas qu'en nous voyant malheureux sa mère et moi, nous leur donnions un bon exemple. Je suis leur père et quoi qu'il arrive je le resterai toujours.

Elle avait envie de lui sauter au cou mais elle n'en montra rien. Elle préférait rester prudente pour ne souffrir.

SAM : Jack, tu sais ce que j'éprouve pour toi, mais je n'ai pas envie de refaire les mêmes erreurs que par le passé. Je ne veux plus vivre dans le mensonge et faire comme si tu étais mon patron, je ne veux plus avoir peur de sortir dans la rue avec toi de peur que nous rencontrions quelqu'un du bureau et par dessus tout je ne veux plus avoir le rôle de celle qu'on aime mais qui reste seule le soir.

JACK : Je comprends. Je suis passé voir Maria avant de me rendre à l'hôpital. Nous avons longuement discuté, ce qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps, et nous sommes tombés d'accord. Nous avons vécu de belles choses et nous avons eu deux magnifiques filles, mais la meilleure solution pour nous est de divorcer. Je ne te propose pas un mariage ou des enfants, je pense qu'il est trop tôt pour songer à cela, mais je souhaiterais plus que tout que nous fassions un bout de chemin ensemble. Comme je te l'ai dit, l'idée de te perdre m'était insupportable et je ne veux plus jamais revivre cela.

Sam avait maintenant les larmes aux yeux. Il venait de lui faire une déclaration d'amour.


[Appartement de Sam – La nuit]
Main dans la main, les deux agents du FBI étaient sortis du restaurant en ayant l'impression d'être seuls au monde. Elle n'avait jamais vu Jack ainsi. Lui d'habitude si renfermé et renfrogné semblait être un nouvel homme. L'espace d'un instant, elle s'était demandée si elle ne rêvait pas. Il l'avait senti frissonner et lui avait demandé si tout allait bien. Elle avait alors su qu'elle ne rêvait pas. Ils se trouvaient maintenant dans l'appartement de la jeune femme. De la musique douce emplissait la pièce et deux flûtes à champagne étaient disposées sur la table basse. Sam était allongée sur le confortable canapé, la tête posée sur les genoux de Jack. Celui-ci lui caressait le front. Ils restèrent ainsi de longues minutes. Ils n'avaient pas besoin de parler, ils savouraient ce moment unique et merveilleux en silence. Au bout d'un moment, Sam se leva et lui tendit la main. Elle l'entraîna dans sa chambre. Quand il pénétra à l'intérieur, Jack reconnut immédiatement le parfum de la jeune femme, le petit pot pourri disposé à côté de la fenêtre et tout cet univers qu'il avait si bien connue. Tout cela aussi lui avait manqué. Il posa une main sur ses hanches.

JACK : Je suis heureux tu sais.

Puis il pressa ses lèvres contre les siennes. Ce moment était tellement magique que Sam en eut la tête qui tourne. Elle dût s'accrocher à lui pour ne pas tomber. Leur baiser d'abord langoureux, devint vite passionné. Il glissa une main dans ses cheveux tandis que ses doigts habiles dégrafaient délicatement l'écharpe qui lui ceignait la poitrine.


[Appartement de Sam – Le matin]
Le lendemain matin, elle se réveilla dans les bras de Jack. Cette nuit, il lui avait fait l'amour avec douceur et passion à la fois. Le soleil brillait à l'extérieur et malgré les horreurs qu'elle avait l'habitude de voir dans son travail, elle crût l'espace d'un instant qu'elle vivait dans un monde parfait. Malgré tout, les embûches qui les attendaient ne cessaient de la tourmenter. Leur travail, leurs collègues et les filles de Jack... Cependant, elle ne pût s'empêcher de sourire. Maintenant ils étaient deux et c'était le plus important. Réconfortée, elle se rendormit dans les bras de l'homme qu'elle aimait.


FIN
Copyright © 2003-2019 fbi-fr.net - Le site de référence sur la série fbi portés disparus.