Le site de référence sur la série fbi portés disparus
Bienvenue sur www.fbi-fr.net nous sommes le samedi 14 décembre bonne fête aux Odile.
Pseudo : Cowgirl_cj
Genre : PG-13
Résumé : C'est une histoire triste. Considérez-vous averti.
Disclaimer : L'univers de "FBI : Portés disparus" et ses personnages ne sont pas à moi.
Complète : Oui.


"Memory"


La mémoire est une chose compliquée. Elle peut vous envoyer des messages subconscients complètement hors de votre contrôle. Elle peut sélectionner et choisir ce qu'elle se rappelle et ce qu'elle oublie. C'est un filtre, c’est un fardeau.

Vous n'oubliez pas leurs noms, leurs visages. Ils restent constamment imprimés dans votre âme, hantant vos nuits et vos jours. Vous vous demandez ce que vous avez raté et ce qui aurait pu les sauver de leur destin immérité. Vous vous demandez où vous avez échoué.

Mais vous pensez que vous avez tout faux dans beaucoup de parties de votre vie. Vous échouez dans presque tous les rôles que vous tenez. Fils, mari, père. L’enfer, parfois vous doutez de votre capacité de mener quelque chose à bien. Chaque erreur que vous avez faite pèse sur votre coeur jusqu'à ce que vous ne voyiez que les pertes et jamais les victoires.

Vous atteignez un point où vos défauts sont tous ce que vous savez. La peine et la douleur sont engourdies et vous donneriez n'importe quoi pour vous séparer de ce sombre sentiment. Alors, vous tombez dans ses bras et elle vous accueille sans poser de questions. Vous avez besoin d'elle et elle a besoin de vous. Et soudain, vous commencez de nouveau à ressentir les choses.

Les sentiments sont beaucoup plus profonds que vous ne le pensiez. Vous ne vous attendiez pas à ça. Un jour vous vous réveillez et vous vous rendez compte que vous l’aimez. Et c’est quand vous vous en rendez compte que vous devez y mettre un terme. Dans son intérêt, dans leurs intérêts et dans votre intérêt. Vous connaissez ses sentiments mais vous ne les méritez pas et vous devez les oublier.

Bientôt vous commencez à oublier l’odeur de sa peau, le goût de ses lèvres, sa chaleur. Plus vous luttez pour vous vous rappelez les petits détails et plus ils s’éloignent loin de vous comme un rêve passager dont à la fin vous ne pouvez pas vous souvenir. Peut-être parce qu'il n'y a aucune fin ou peut-être parce que la fin est trop injuste. Alors, vous permettez à votre main de frôler discrètement la sienne et vous la gardez à l’étroit. Et vous en profitez égoïstement.

Alors vous la perdez presque. Et c'est le moment où vous vous rendez compte combien votre amour est profond. Vous renoncez volontairement à votre vie pour la sienne. Et vous ne pensez qu’à son bien-être. Vous savez que vous ne pouvez pas continuer sans la voir chaque jour, sans contacts subtils et sans regards langoureux. Vous réalisez que vous ne pouvez pas respirer si elle ne le peut pas. Vous vous rendez compte qu'elle est maintenant une grande partie de vous et que continuez sans elle n’est pas possible. Alors vous faites ce que vous avez à faire sans les regrets qui infestent normalement votre vie.

Quand la vie vous donne une seconde chance vous ne choisissez pas de retourner avec elle. A la place, vous choisissez l’endroit où vous êtes nécessaire, là où vous êtes moralement obligé d'être. Vous essayez d'aimer votre épouse, mais votre coeur se trouve toujours ailleurs. Vous le savez et elle le sait et la crevasse entre vous reste intacte. Pendant ce temps vous aimez de loin celle que vous ne devriez pas aimer.

Quelques dossiers vous reviennent avec une vive clarté. Vous savez quand ils ont disparu, qui les a vu en dernier, quelle était leur couleur préférée et ce qu'ils ont mangé avant qu'ils ne soient portés disparus. La plupart du temps, les dossiers contiennent quelque chose de significatif, des éléments qui se relient à quelque chose ou à quelqu'un dans votre propre vie. Parfois, c’est la recherche elle-même qui brûle impitoyablement dans votre mémoire.

Vous inspectez un vieil immeuble désaffecté. Vous lui dites de prendre le couloir de gauche alors que vous vous engagez dans le couloir de droite menant à une sortie de secours. Le seul bruit dans le vieux bâtiment est le bruit de vos chaussures marchant avec précaution, lentement. Alors, les coups de feux font violemment écho contre les murs en plâtre. Votre tête se retourne rapidement.

Vous courez dans la direction des coups de feux, votre cœur bat frénétiquement. Vous hurlez son nom de votre voix cassée et effrayée. Vous ne pouvez pas la perdre, pas maintenant, pas encore. Elle est étendue sur le sol, sa poitrine se levant et se baissant sur ses vêtements élaborés. Vous vous baissez à ses côtés, essayant d'arrêter le sang qui souille vos mains. Le sang ne se lavera jamais. Sa vie s'infiltre par vos doigts tandis que vous tentez vainement de la sauver. Elle murmure votre nom comme quand le réveil sonne le matin et vous donneriez tout ce que vous possédez pour qu’elle ne soit qu’en train de se réveiller. Une de vos mains tâte dans votre poche de manteau pendant que vous appelez le 911 en criant des mots désespérés à l'opérateur. Une fois que vous avez raccroché, vous essayez de la calmer. Vous lui dites que tout va bien se passer et elle s’accroche à vous. Vos mots sont chancelant et effrayés et sonnent faux à vos propres oreilles. Elle vous sourit tristement et vous dit que c’est ok et que ce n’est pas qu’une blessure. Vous répétez à plusieurs reprises que vous êtes désolé, que vous l'aimez et qu'elle ne peut pas vous laisser. Son sourire ne faiblit jamais quand elle vous répond qu'elle vous aime aussi et que tout va bien. Elle quitte votre vie tranquillement avec ce sourire triste sur son visage. Quand les infirmiers entrent finalement dans le couloir, ils vous trouvent en train de bercer son corps sans vie près de votre coeur brisé, hurlant votre peine pour que tous les cieux l’entendent.

Durant son enterrement, vous vous tenez en retrait et tout le monde vous évite. Ils notent combien vous avez vieilli en quelques jours. Ils notent combien vos yeux foncés sont remplis de douleur. Ils notent combien vous êtes mort à l'intérieur. Personne ne sait exactement quoi vous dire et vous êtes heureux d’éviter les sympathiques condoléances et les regards de pitié. Quand ils la mettent en terre, vous savez que votre coeur l’accompagne. Vous n’êtes pas plus vivant qu'elle.

Ce n’est pas pour rien que vous avez commencé à boire, c’est pour oublier le contact de sa peau, le goût de ses lèvres, sa chaleur. C’est douloureux de se rappeler, de respirer, de vivre. Vous vendriez votre âme pour la récupérer pendant quelques minutes. Vous donneriez tout que vous avez juste pour être débarrassé de cette douleur pour un petit moment et pour vous souvenir de ce que devrait être votre vie. Votre pistolet fourni par le gouvernement est froid et lourd dans votre paume et vous faîtes courir le canon contre votre joue et votre mâchoire en descendant vers votre cou. Vous vous rappelez quand elle a tracé des dessins imaginaires semblables avec ses mains fascinées. Le métal froid n’enlève pas la douleur, le vide laissé après sa mort. Mais vous ne pouvez pas tirer parce qu’au plus profond de votre cœur vous savez que ce n’est pas ce qu’elle voudrait.

Vous vous rendez souvent sur sa tombe même si ça vous tue un peu plus à l'intérieur de le faire. Vous considérez cela comme votre punition pour l’avoir laissé. Vous faites votre travail, vous aimez vos gosses. Mais vous n’oubliez pas. Personne dans votre vie n’est comparable à elle. Certains jours vous croyez qu’elle vous attend à la maison. D'autres, votre acceptation de la réalité vous laisse amer et infiniment triste. En fin de compte, vous n'êtes pas sûr de savoir si vous voulez que votre esprit l'oublie ou chérisse sa mémoire. Tout ce que vous savez c’est qu'elle s’en est allée et que rien de ce que vous faîtes ne changera cela. De toute façon, tout ce que vous voulez est que ce sourire triste s'efface de votre mémoire pour toujours, laissant seulement les mots parlés comme dans le couloir vide, pour l'éternité, pour le ciel et pour l'enfer.

"Je t'aime Samantha."
"Je t'aime aussi Jack."


FIN
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