Le site de référence sur la série fbi portés disparus
Bienvenue sur www.fbi-fr.net nous sommes le jeudi 12 décembre bonne fête aux Chantal.
Pseudo : Keancy
Email : keancy@hotmail.fr
Genre : PG
Résumé : Sam disparaît après avoir rendu visite à une personne qui lui est chère.
Disclaimer : Hélas, l'univers de "FBI : Portés disparus" et ses personnages ne sont pas à moi. De plus, les marques citées dans cette fiction appartiennent à leurs propriétaires respectifs.
Complète : Oui.


"Révélation"


C'est avec un pas déterminé qu'elle franchie la porte de cet hôpital. Elle n'aime pas beaucoup ce genre d'endroit, tous ces gens malades sur le point de mourir lui faisaient mal au coeur. C'est en partie pour cela qu'elle se dirigea très vite vers l'accueil.

- Bonjour, je voudrais voir Mme Harrison.

Quelques secondes suffirent à la secrétaire pour trouver le nom, le prénom et le numéro de chambre de cette Mme Harrison.

- Chambre 218. C'est au second, service cancérologie.
- Très bien merci.

Elle prit l'escalier et arriva au deuxième. Elle ne mit pas longtemps à trouver la chambre mais elle hésita beaucoup avant de frapper. Une voix faible et fatiguée lui fit comprendre qu'elle pouvait entrer. Comme toutes les autres, cette chambre était très simple : une télévision, une armoire, une salle de bain, une table de nuit et enfin un lit sur lequel une femme était couchée. Autrefois, les cheveux de cette femme étaient blonds comme les blés mûrs, son visage et son corps étaient fins, pourtant il émanait d'elle une puissance et une force de caractère impressionnante. Aujourd'hui ses cheveux avaient perdus ce bel éclat qui plaisait, son visage était creusé par la maladie et il ne ressortait plus d’elle cette force qui faisait qu'elle était quelqu'un de respectée. A peine la jeune femme eut-elle pénétrée dans cette pièce que le visage de la malade s'éclaira quelque peu.

- Samantha !!
- Bonjour maman.

Samantha posa son sac à main sur la table de chevet avant d'approcher un fauteuil du lit de sa mère. Elle déposa un doux baiser sur le front de cette dernière avant de s'asseoir.

- Ca fait si longtemps...
- Je sais maman.
- Tu m'as tellement manquée. Tout ce temps sans nouvelle, toutes ces fois où je me suis demandée si tu n'étais pas morte. Tu m'as fait beaucoup de mal tu sais.
- Je sais maman, je suis désolée.

Silvia prit la main de sa fille et lui sourit tant bien que mal.

- L'important c'est que tu sois là. Alors dit moi, comment vas tu ?
- Eh bien... ça va.
- Tu en es sûre ?
- Bien sûr, j'ai juste... beaucoup de travail.
- C'est Jack n'est ce pas ?
- Mais non, qu'est ce que tu vas t'imaginer ?!
- Sam, je te connais mieux que tu ne le crois. Je vois bien que tu ne vas pas bien.

La jeune femme laissa la main de sa mère et baissa le regard tandis qu'une larme coulait sur sa joue.

- Je n'y arrive pas.
- A faire quoi ?!
- A l'oublier.
- Oh Sam ! Tu es encore amoureuse de lui ?
- Je crois que oui et pourtant j'ai essayé de passer à autre chose. Avec son départ pour Chicago et ma relation avec Martin je pensais pouvoir y arriver. Mais il n'est pas parti et maintenant je l'aime encore plus.

Des larmes de désespoir coulaient sur le visage de Samantha.

- C'est dur maman ! Je travaille avec lui, on se voit tous les jours. On est parfois si proche que j'arrive à sentir son parfum.

Malgré ses larmes elle esquissa un sourire.

- Il porte toujours celui que je lui ai offert. On parle de tout et de rien, on fait comme si de rien n'était. Je ne peux pas le toucher ou l'embrasser et pourtant j'en meurs d'envie ! J'ai l'impression d'être morte quand il n'est pas là.
- Tu te fais du mal ma chérie.
- Je sais bien, mais je n'arrive pas à tourner la page.

Le regard perdu, elle repensait aux cinq mois formidables durant lesquels ils avaient été ensemble. Ils avaient partagés tant de choses, leur amour était si fort que ça ne pouvait pas finir comme ça. Elle, elle l'aimait toujours mais elle ignorait s'il en était de même pour lui. L'entrée de l'infirmière la fit sortir de sa torpeur.

- Bonjour Silvia, comment ça va ?
- Ca va bien merci. Laissez moi vous présenter ma fille, Samantha Spade. Elle travaille au FBI.
- Enchantée.
- De même.
- Je ne veux pas vous chasser mais les visites prennent fin à cette heure-ci.
- Oh bien sûr. Je comprends.

Sur ce, elle attrapa ses affaires et déposa un baiser sur le front de sa mère en lui promettant de revenir la voir le lendemain. Elle lui sourit avant de sortir. Personne n'avait revue Samantha depuis qu'elle avait franchi la porte de la chambre numéro 218.



Le coeur serré, Jack s'approcha du désormais célèbre tableau blanc sur lequel lui et ses collègues retraçaient l'emploi du temps des personnes disparues. Une photo de Sam était prisonnière de la main droite du chef de la section de recherche des personnes disparues. Les larmes aux yeux il regarda cette jeune femme qu'il connaissait si bien. Malgré tous les efforts qu'il fit, une larme parvint quand même à couler sur sa joue. Il se souvenait de tout, tous les moments qu'ils avaient passé ensemble. Il se rappelait de la forme de son corps, du parfum de sa peau, de la douceur de ses cheveux. Il ne pourrait jamais rien oublier d'elle et il le savait. Même s'il ne pouvait plus la toucher, l'embrasser ou la serrer dans ses bras, elle était là, sous sa peau, dans son coeur et sa tête. Ses moindres faits et gestes, ses moindres paroles, ses battements de coeur lui étaient destinés. Il ne vivait que pour elle. Qu’allait-il devenir maintenant qu'elle avait disparue ? Le coeur déchiré par la douleur, il accrocha la photo de Samantha sur le tableau et marqua juste à côté "Samantha Spade, disparue le 12 mai 2006 à 18H00". Il rajouta sur le bas du tableau "18H00 ---> sort de l'hôpital". Il ne savait pas ce qu'elle faisait là bas ni qui elle allait voir, tout ce qu'il savait c'est que si cette personne n'existait pas elle serait encore là, dans cette pièce. Doucement, il se retourna et s'approcha du bureau de la jeune femme. La vue de sa tasse de café au lait de la veille le fit sourire :

- Elle n'a même pas pris le temps de le finir.

Tout était exactement comme elle l'avait laissé : son ordinateur n'est pas éteint et ses dossiers encore ouverts. Il resta là, à regarder ce bureau, pendant au moins 10 minutes. Rien n'y manquait, sauf elle.

- Jack !!!

Trois voix le firent revenir à lui. Ses collègues qu'il avait appelés quelques minutes plus tôt venaient d'arriver. C'est Vivian qui commença à l'interroger :

- Jack, je t'en prie que se passe t-il ?!

Il tourna la tête vers le bureau et regarda la tasse à café avant d'ajouter :

- Samantha a disparu hier soir. On vient juste de me l'apprendre.
- Mais comment est ce possible ?!
- Ecoute Viv, si je le savais je ne serais pas ici.

Vivian était celle qui connaissait le mieux Jack. Ils étaient amis depuis bien longtemps et elle n'eut donc pas de mal à remarquer que Jack était beaucoup plus touché que d'habitude. Cependant elle n'en dit rien et Danny se chargea de continuer à interroger son patron :

- Quand a t-elle disparue ?
- Hier soir aux environs de 18H00.
- Mon dieu.

Jack tourna immédiatement la tête vers la personne qui venait de dire cela. Il s'agissait de Martin, la dernière conquête de Sam. Jack en voulait beaucoup au jeune agent Fitzgerald depuis qu'il avait appris que Sam et lui étaient ensemble. Il lui en voulait d'avoir fait l'amour, d'avoir touché la femme qu'il aimait en secret depuis si longtemps. Il essaya de passer au dessus de ce sentiment de colère, voir de haine, mais il n'y parvint pas, ou très mal.

- Tu n'étais pas avec elle hier soir Martin ?!

Surpris et gêné par la question, Martin mit un peu de temps à répondre :

- Et bien....

Enervé par la réponse ou par le manque de réponse de son collègue, Jack parti s'enfermer dans son bureau en laissant tout le monde derrière lui. Vivian avait mal au coeur pour son ami tandis que Martin et Danny ne comprenaient pas trop ce qui était en train de se passer.



Jack ne s'était jamais senti aussi mal qu'en ce moment. Il s'assit sur le canapé de son bureau et, la tête dans ses mains, se mit à réfléchir. D'un côté, il avait peur de ce qu'il pouvait trouver en la cherchant, il avait déjà vu des tas de choses horribles : des femmes sans vies, violées et parfois même découpées. S'il retrouvait Sam dans cet état, il en mourrait c'est sûr. Mais, d'un autre côté, il n'avait aucune envie que quelqu'un d'autre la retrouve à part lui. Il aurait trop l'impression de la quitter et de la trahir une seconde fois. Il ne se pardonnerait jamais d'avoir laissé quelqu'un faire les recherches à sa place. C'est donc pour cette raison, qu'après avoir essuyé ses larmes et s'être calmé, il repartit voir ses collègues. Ces derniers étaient déjà en plein travail. Voyant son ami revenir, Vivian se leva et alla le rejoindre :

- Ca va Jack ?!
- Dis moi plutôt où vous en êtes.

Elle lâcha un gros soupir mais continua :

- Danny et Martin se penchent sur ses relevés téléphoniques. Quand à moi j'allais me rendre à l'hôpital où elle était hier soir.
- Très bien je t'accompagne.
- Jack, tu crois vraiment que c'est ce qu'il y a de mieux ?
- Viv, je t'en prie.
- Très bien !

Ils sortirent tous les deux des locaux du FBI. Arrivés en bas, une magnifique berline noire les attendait déjà. Il s'agissait d'une splendide Mercedes. Fine, élégante, et surtout très chère, elle n'était utilisée que pour les grandes occasions et ça Vivian le savait.

- Pourquoi cette voiture et pas celle que nous utilisons d'habitude ?
- Parce que.
- Jack !!!
- Viv, s'il te plaît. Euh... je crois que tu devrais conduire.
- Je pense qu'il vaut mieux effectivement.

Tout au long du trajet, ni l'un ni l'autre ne dirent un mot. Jack n'allait pas bien, il n'avait pas envie de parler et Vivian respectait ça. Elle n'allait cependant pas le laisser s'en tirer sans qu'il lui ait fournit des explications. Tout en conduisant, elle repensa à ce qu'elle lui avait dit lors de l'affaire Teddy Cotta. A présent elle le regrettait, elle savait que l'histoire et le lien qui unissait ses deux collègues était bien plus que du "sauter-jeter". Quand à lui, Jack repensait à un des moments qu'il avait passé en compagnie de Sam.

FLASHBACK

Nos deux amoureux sont tranquillement dans un bain moussant. La tête appuyée sur le torse de Jack, Sam joue avec la mousse tandis que ce dernier la regarde faire en souriant. Tout se passe comme dans un rêve jusqu'au moment où Sam redevient sérieuse.

- Je ne veux pas que ça finisse Jack.
- De quoi ?! Le bain ?! Il va bien falloir, sinon tu vas être toute fripée !
- Je parlais de nous.
- Regarde moi.

Elle lève le regard vers lui, la détresse est visible dans ses yeux. Elle tient à lui beaucoup plus qu'il ne le croit et s'il devait la quitter la blessure mettrait longtemps à se refermer. Peut être même qu'elle ne se refermerait jamais.

- Pourquoi voudrais tu que ça s'arrête ?
- Tu es marié Jack !
- Peut être, mais c'est avec toi que je prends ce bain et c'est avec toi que je me sens bien.

Amoureusement il déposa un doux baiser sur le nez de sa compagne avant de se mettre sur le côté afin de pouvoir réellement la prendre dans ses bras et la réconforter.

FIN DU FLASHBACK

Quand Jack revint à lui, ils étaient sur le parking de l'hôpital en train de chercher une place. Il regardait innocemment par la fenêtre quand soudain :

- Arrêtes toi !

Vivian pila et Jack descendit en trombe de la voiture. Il traversa tout le parking, le coeur serré par ce qu'il avait cru voir. Enfin, il arriva près d'une une BMW rouge. Il se pencha à la vitre pour vérifier quelque chose et, dans un excès de colère, la frappa violemment avant de poser sa tête sur cette dernière. Vivian arriva avec un peu de retard, les places étaient rares sur les parkings, même pour des agents du FBI.

- Oh mon dieu ! C'est...
- Sa voiture.

Jack se retourna, s'appuya contre la voiture et prit son portable pour appeler Danny.

- Taylor.
- Danny c'est moi.
- Oui Jack.
- Il faut que tu préviennes l'équipe de recherches. On a retrouvé la voiture de Sam sur le parking de l'hôpital.
- Pas de problème.
- Vous en êtes où tous les deux ?
- Et bien, elle a appelé tous les hôpitaux de la région. On dirait qu'elle cherchait quelqu'un.
- Si elle est venue ici, c'est qu'elle a trouvé ce qu'elle cherchait.
- Sûrement oui.
- Ok merci Danny.

Il raccrocha puis regarda Vivian.

- Tu restes là le temps que l'équipe de recherches arrive. Moi je vais dans l'hôpital.

Jack se dirigea vers l'entrée du bâtiment. Sans le savoir il était en train de marcher sur les pas de Sam. Il allait avoir les mêmes gestes et les mêmes regards que cette femme qui faisait partie intégrante de lui. Arrivé à l'accueil, la même secrétaire qui avait parlé à Sam la veille accueillit Jack.

- Bonjour Jack Malone, FBI.
- Que puis-je pour vous ?

Il s'apprêtait à sortir la photo de Samantha quand il se rendit compte qu'il l'avait oublié dans la voiture. Mais peu importe, il attrapa son portefeuille. Depuis tout ce temps il avait gardé une photo d'elle. Elle était très belle dessus. C'est le jour où ils étaient allés à la fête foraine. Sam adorait les manèges en bois et Jack l'avait donc prise en photo sur un cheval de bois. Cette photo montrait une Sam souriante et pleine de vie.

- Cette jeune femme est venue ici hier ?

L'image fit sourire la secrétaire.

- Effectivement.
- Qui est-elle venue voir ?
- Une certaine Mme Harrison je crois, pourquoi ?
- Elle a disparu.
- Oh mon dieu !
- Vous pourriez me donner le numéro de la chambre de cette Mme Harrison s'il vous plaît.
- Bien sûr, chambre 218. C'est au second, service cancérologie.
- Merci.

Jack fonça vers les escaliers et les monta à toute vitesse mais il mit plus de temps que Sam à trouver la chambre. Quand il frappa à la porte, la même voix fatiguée le pria d'entrer. Doucement il ouvrit la porte, entra et la referma. Tout en s'approchant du lit de Silvia, il sortit sa carte et la lui montra.

- Bonjour Mme Harrison, Jack Malone, je suis du FBI.

L'évocation de ce nom fit sourire la vieille dame. Jack ne savait pas pourquoi mais elle lui rappelait étrangement quelqu'un. Il passa outre cette sensation, Sam devait être sa seule préoccupation.

- Que puis-je pour vous Agent Malone ?
Il lui tendit la photo de Samantha avant d'ajouter :

- Vous connaissez cette jeune femme ?!
- Bien sûr, c'est ma fille Samantha.



La mère de Sam ?! Comment cette femme fragile comme un brin d'herbe pouvait-elle être la mère de ce monument de force et de volonté qu'était Samantha ? A ce moment précis, Jack ne savait plus où il en était. Il avait en face de lui la femme ayant portée et mise au monde sa moitié, la personne pour qui il donnerait son coeur sans même hésiter une seule seconde. Mais d'un autre côté, il ne pouvait s'empêcher de penser que si Samantha n'était pas venue voir sa mère la veille au soir, et bien elle serait en sécurité. Ses pensées s'emmêlèrent dans son esprit, tout était confus. Il mit quelques secondes avant de régir, son calepin à la main.

- Agent Malone ! Agent Malone !
- Oui excusez moi, dit-il en reprenant ses esprits.
- Ma fille a disparue ? demanda t-elle légèrement anxieuse.
- Oui.
- Quand ?!

Jack hésitait beaucoup à dire la vérité, il avait peur d'achever cette femme.

- Jack, je vous en prie.

D'ordinaire, il ne tolérait pas qu'un proche de la victime l'appelle par son prénom. Mais là, tout était différent, il n'arrivait pas à reprendre Silvia et pour dire vrai il n'en avait aucune envie.

- Il semblerait qu'elle ait disparue juste après vous avoir rendue visite.
- Oh mon dieu ! Ca veut dire que...

Elle détourna son regard mais Jack réussi tout de même à percevoir beaucoup de chose à l'intérieur de ses yeux. C'était un mélange de tristesse, de profond désespoir mais surtout, de colère contre elle même. Elle s'en voulait et c'était perceptible.

- Ca veut dire que si elle n'était pas venue me voir, elle serait saine et sauve.
- Ecoutez Mme Harrison.
- Silvia.
- Bien, Silvia. J'ai besoin de savoir exactement comment s’est déroulée votre rencontre hier soir. Il me faut des heures précises.
- Pourquoi ?
- Pour retracer son emplois du temps. Ca nous permet de mieux connaître la victime.
- Mais Jack, vous connaissez Sam mieux que n'importe qui !

Ce dernier s'interrompit dans ses mouvements. Que signifiait ce "vous" ? Voulait-elle tout simplement parler de ses agents ou était ce de lui qu'elle voulait parler ?

- En effet, je la connais très bien mais j'ai quand même besoin de vous pour la retrouver.
- Très bien, je vais répondre à vos questions.
- Ok, alors à qu'elle heure est-elle entrée dans votre chambre ?
- 17H30 précise.
- Quand est-elle repartie ?
- 18H00.

Les nombres ronds, Sam les a toujours beaucoup aimé. Cette pensée fit sourire Jack tout en l'enfonçant un peu plus dans sa détresse intérieure.

- Elle vous a paru comment ?
- Bien au début.
- Au début ? répéta t-il étonné.
- En fait elle était bouleversée.
- Vous savez par quoi ?
- Oui.

Jack pria Silvia de continuer mais visiblement elle hésitait à révéler ce que sa fille lui avait confié.

- Par vous.
- Moi ?!!
- Oui, mais c'est tout ce que je peux vous dire.
- Très bien. Quelqu'un l'aurait-elle vue sortir de la chambre ?
- Oui, l'infirmière qui passe tous les soirs.
- Quel est son nom ?
- Sandy je crois.

Il prenait ses notes avec soin, de peur d'oublier un élément capital pour ses recherches. Il était tout de même très surpris par le fait que Sam ait parlé de lui à sa mère. Que lui avait-elle raconté ? Tout au fond de lui même il espérait que sa belle n'ait pas tournée la page, qu'elle n'ait pas dit adieu aux cinq mois qu'ils avaient passés l'un avec l'autre. Il remercia Silvia et sortit de la chambre pour partir à la recherche de Sandy. Ne trouvant aucune infirmière ressemblant à la description qu'on lui avait faite de la jeune femme, il interpella la première personne en blouse blanche qu'il rencontra dans le couloir.

- Excusez moi mademoiselle, je cherche Sandy.
- Vous êtes qui ? lui répondit-elle froidement.
- Jack Malone, FBI, dit-il en sortant sa carte.
- Elle ne bosse pas aujourd'hui mais je peux peut être vous aider ?

Cette jeune infirmière n'avait vraiment rien pour elle. Quelques rondeurs très mal placées, des piercings plein le visage et surtout cette expression de mollesse qu’on remarquait au premier coup d’oeil.

- Avez-vous vu cette jeune femme ? dit-il en lui montrant la photo.
- Ouais mais elle n’était pas aussi gaie. Peut être à cause de la maladie de sa mère.
- Pourquoi, qu'est ce qu'elle a ?
- Cancer généralisé et septicémie, il ne lui reste plus que quelques jours à vivre.



Cette nouvelle provoqua un choc chez Jack. Il n'en revenait pas, c'était comme si on venait lui annoncer que sa mère allait mourir une seconde fois. Il ne pouvait supporter l'idée que la personne à l'origine du sentiment qui envahissait son corps et son esprit, ce sentiment qui faisait de lui ce qu'il était et sans lequel il ne serait plus Jack Malone, meurt dans de si tragiques souffrances. Après avoir remercié l'infirmière, il s'assit. Jamais il n'avait ressenti pareille sensation auparavant. Son cynisme, sa force de caractère et surtout sa capacité à dissimuler ses émotions avaient forgé sa réputation aujourd'hui solide. Certains le voyaient comme quelqu'un d'apathique, d'insensible, d'autres le disaient juste introverti. Peut importe ce que l'on pensait de lui, il n'avait plus rien à prouver à personne et il le savait. Mais désormais, la personne qui comptait le plus pour lui était introuvable et il se trouvait en proie à ses sentiments. D'ordinaire moins forts que lui, ils avaient réussi à prendre le dessus et par conséquent à plonger Jack dans une détresse palpable. Quiconque connaissait le "patron", comme l'appelait ses collègues, pouvait voir, sentir et presque toucher cette détresse d'âme. Quelques minutes passèrent quand une vieille dame vint s'asseoir à côté de lui. La photo de la disparue était toujours dans la main de Jack. Ce dernier avait les larmes aux yeux. Elle ne le connaissait pas mais il ne lui fallut pas longtemps pour établir un lien entre la jeune femme sur la photo et la tristesse de cet homme.

- Elle est très belle !

Il baissa le regard vers la photo et sourit. C’était vrai, Sam était vraiment une belle femme. Dès qu'elle avait franchie la porte des bureaux du FBI, Jack avait flashé sur elle. Ses longs cheveux blonds tombaient en cascade sur ses épaules frêles et pourtant si robustes. Ses hanches se balançaient avec grâce à chacun de ses pas. Son corps était si svelte et harmonieux. Petit à petit, de jours en jours, Jack avait sentie grandir en lui cette attirance purement physique. Assis à côté d'elle en permanence, il voyait sa poitrine monter et descendre au fil de sa respiration. Il s'était toujours refusé à céder à ses pulsions jusqu'au jour où ses lèvres avaient rencontré celles sucrées de Sam. Ce jour là tout avait basculé dans la vie de Jack, cette attirance qu'il croyait physique c'est en fait révélé être beaucoup plus que ça. Les mois passaient et ne se ressemblaient pas. Ils n'étaient pas souvent seuls et par conséquent chaque instant qu'ils pouvaient partager ensemble étaient placés sous le signe de la tendresse et de la complicité. Les nuits où ils s'étaient unis, où ils s'étaient offert l'un à l'autre, étaient tendres, câlines et sensuelles.

- C'est vrai, répondit-il les larmes aux yeux.
- C'est votre femme ?

Cette question fit bondir le coeur de Jack. Elle venait de pointer du doigt le désir le plus profond de notre homme.

- Non, malheureusement.
- Vous semblez beaucoup tenir à elle.
- C'est exact.
- Si je puis me permettre qui est-elle ? Je veux dire, quel lien vous relis à elle ?
- Je travaille avec elle, je suis son patron.
- Ah, je vois.

Un silence s'installa entre eux, un silence pesant à dire vrai. Cependant la vieille dame se risqua à dire ce qu'elle pensait.

- Vous l'aimez n'est ce pas ?

Jack tourna brusquement la tête vers elle. Il dut se mordre la lèvre inférieure pour ne pas pleurer. L'inconnue vit une fois de plus la détresse de Jack.

- Pourquoi ne pas la rejoindre ?
- Je ne peux pas.
- Pourquoi ?!
- Elle est portée disparue et de toute façon je suis son supérieur.
- Si vous l'aimez pourquoi ne pas braver cette loi ? Un jour vous perdrez votre travail parce que vous serez devenu trop vieux et vous vous en voudrez d'avoir laissé filer cette femme qui est peut être la femme de votre vie ! Ne prenez pas le risque de la perdre elle aussi.

Cette fois, il ne put retenir ses larmes.

- Et si elle n'était pas la femme de ma vie ?
- Et si elle l'était ?

Tout au fond de lui, il savait que cette femme avait raison. Il ne pouvait pas se permettre de la perdre elle aussi. Il voulait au moins savoir si elle avait tourné la page ou si, comme lui, elle n'avait jamais réussi à l'effacer de sa mémoire. Aussi étrange que cela puisse paraître, grâce à cette inconnue Jack reprit confiance. Il se jura de la retrouver vivante et en bonne santé. Après un échange de sourires, Jack quitta celle qu'il ne connaissait pas mais qui lui avait redonnée la foi. Pendant quelques minutes il parcourut l'hôpital avec sa photo dans l'espoir de trouver quelqu'un l’ayant vu ou même aperçu. Personne n'avait remarqué Sam, comment était-ce possible ?! Dans un dernier sursaut d'espoir il se dirigea vers le café de l'établissement. Comme d'habitude à cette heure-ci il était noir de monde. Sam n'était pas ici et il le savait, mais quelque chose lui disait qu'elle était passée par ici la veille. Il alla vers le comptoir et s'assit. Aussitôt le barman vint à sa rencontre pour lui proposer un Coca, un Orangina ou toutes autres sortes de sodas bourrés de sucre.

- Contentez vous de me dire si vous avez vu cette jeune femme hier soir.

Il lui tendit la photo et le jeune homme l’observa.

- Oh oui je m'en souviens.
- Que veut dire ce "Oh oui" ? lança t-il un brin énervé.
- Que c'est dur d'oublier une meuf comme celle la, elle est quand même bien roulée.

D'un seul coup, Jack se pencha sur le comptoir et attrapa le barman par le col. S'il ne s'était pas retenu il lui aurait déjà mis un beau coup de boule. La colère de Jack était perceptible, un seul regard et notre barman se sentait moins fier.

- Ecoute moi bien petit merdeux, je ne te permets pas de parler d'elle comme tu viens de le faire ok ?
- Ok !!
- Bien, dis moi à qu'elle heure elle est arrivée.
- Vers 18H05 et elle est repartie vers 18H30.
- Elle était seule ?
- Non, un homme était avec elle.
- Décris le moi.
- Grand, brun, yeux bleu, plutôt bien habillé genre costard cravate. On aurait dit un col blanc. Il s'appelait Martin je crois.



Assis derrière son bureau, Jack essayait tant bien que mal de travailler. Il devait faire un rapport sur la disparition de Samantha et il était donc envahit de papiers. Même sous la paperasse il ne pouvait s'empêcher de penser à ce que le barman lui avait dit : "Un grand brun aux yeux bleus prénommé Martin". Rien ne lui certifiait qu'il s'agit bien de Fitzgerald, après tout il pouvait très bien y avoir beaucoup de monde correspondant à cette description. Jack avait quand même un pressentiment. Décidément il n'arrivait pas à se concentrer. Il posa son stylo et parti en direction des toilettes pour hommes. Une fois à l'intérieur, il regarda son reflet dans le miroir. Rien de très beau à voir : il n'avait rien mangé et pratiquement rien bu depuis qu'il savait que Sam avait disparue. Martin, lui, n'avait pas laissé tomber ses hamburgers. Comment pouvait-il avaler quelque chose alors que la femme avec qui il partageait ses nuits était dans la nature ? Visiblement les deux collègues n'avaient pas la même conception de l'amour. Jack était en train de se passer de l'eau sur le visage quand Martin entra. Il attrapa la serviette et s'essuya la figure tandis que son collègue s'appuyait contre les lavabos.

- J'espère qu'elle va bien.
- Moi aussi.
- Je tiens tellement à elle, s'il lui arrivait quelque chose je ne sais pas ce que je ferais.

Jack bouillonnait mais il réussit à se contenir.

- En plus, ça arrive vraiment au mauvais moment, j'ai beaucoup de problèmes ces temps-ci. Ma mère fait des siennes et...

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. En effet Jack n'en pouvait plus. Il l'avait donc attrapé par le col pour le plaquer contre un mur. Martin était quelqu'un de fort mais pas autant que son patron. Tout le monde savait combien le regard de Jack pouvait être intimidant, et c'est pourquoi quand il fixa ses yeux dans ceux de son collègue un frisson parcouru la colonne vertébrale de Martin.

- Maintenant écoute moi bien monsieur je ne parle que de moi. Je vais te dire ce que je pense de toi, tu n'es qu'un fils à papa gâté pourri. Tu te sers de la position de ton père pour arriver à tes fins mais surtout tu es un égoïste et un égocentrique. Tu veux savoir pourquoi ?! Et ben je vais te le dire, la femme avec qui tu vis et avec qui tu couches est portée disparue et toi tu trouves encore le moyen de me parler de tes petits problèmes personnels. Tu arrives encore à manger et à dormir ! Alors s'il te plait ne viens pas me dire que tu tiens à elle ou que tu l'aimes ! Si c'était le cas tu ne sourirais pas et tu aurais oublié ce que signifie le mot vivre !!

Martin avait plusieurs fois tenté de prendre la parole.

- Jack !!
- Ne me coupe pas la parole ! A l'hôpital quelqu'un m’a dit qu'il t'avait vu boire un coup avec Sam le soir de sa disparition !
- Moi ?!!!
- Oui toi !! Mais laisse moi te dire une dernière chose, s'il arrive quoi que ce soit à Sam et que j'apprends que tu en es responsable, je m'occuperai personnellement de toi.

Jack lâcha Martin qui sortit presque des toilettes en courant. Jack le suivit de près pour se rendre dans la salle de réunion où ses collègues se trouvaient déjà, y compris Martin.

- Ecoutez moi tous. Les chiens n'ont malheureusement rien trouvé aux alentours de la voiture de Sam. Cependant un barman m'a certifié avoir vu Sam boire un coup avec un grand brun aux yeux bleus portant un costume et s’appelant Martin.

Comme on pouvait s'y attendre, tous les regard se tournèrent vers Martin. Ce dernier resta cependant digne. Jack continua.

- Viv, tu interroges M. Fitzgerald dans les règles de l'art. Danny, je veux tout savoir sur la famille de Sam.
- Côté maternel ou paternel ?
- Les deux.



Il était maintenant 22H00 et Jack était toujours dans son bureau en train de chercher un indice. Danny n'avait pas encore fini ses recherches sur la famille de Sam et Vivian venait d'entrer dans le bureau de Jack.

- L'interrogatoire de Martin n'a rien donné. Il dit qu'il a joué aux cartes avec son voisin toute la soirée.
- Tu as vérifié ?
- Bien sûr.
- Et...
- Il dit vrai.

Jack posa, enfin jeta, son stylo sur son bureau.

- Que se passe t’il Jack ?
- Comment ça ?
- Je vois bien que tu es plus touché que d'habitude !
- Viv un de mes agents a disparu !!
- Seulement un agent ?
- Quoi ?!
- Oh voyons Jack, ça se voit que Sam est beaucoup plus qu'un simple agent pour toi.

Il leva le regard vers elle. Depuis le temps qu'ils se connaissaient elle arrivait à lire en lui comme personne d'autre.

- Tu sais, continua t-il en remettant le nez dans ses papiers, je crois que tu as raison. Sam est beaucoup plus qu'un simple agent pour moi.
- Elle le sait ?
- Bien sûr que non !!!
- Pourquoi bien sûr ?
- Elle ne doit pas le savoir, imagine qu'elle ait tourné la page et qu'elle me rejette !!
- Et si elle ne te rejette pas ?

Il releva brusquement le regard vers elle et fixa ses yeux dans ceux de sa collègue. Quelques instants passèrent avant que celle-ci ne se lève et dise :

- Je dois rentrer, à demain.
- A demain

Elle partie des bureaux en laissant Jack seul avec lui même. Ce dernier se leva pour se rasseoir sur le canapé. Il passa une bonne partie de la soirée à réfléchir avant de s'endormir. Toute la nuit il fit des cauchemars et au petit matin il sentit une main le secouer. Doucement il ouvrit les yeux et malgré la lumière qui l'éblouissait il réussit à distinguer le visage de Danny.

- Jack, j'ai trouvé qui est ce Martin avec qui Sam à un bu un coup.
- Qui est ce ?
- Martin Newels, il est gynécologue.
- C'est tout ce que tu as ? dit-il en se relevant.
- Non, c'était un camarade de classe de ton ex-femme. Il est sorti avec elle pendant presque neuf mois.



- Il correspond à la description du barman ?
- Oui.
- Très bien alors trouve le moi et ramène le ici.
- Ok.
Danny sortit du bureau de Jack pour se rendre au sien. Jack, lui, se leva et s’assit sur sa chaise. Il décrocha le combiné de son téléphone et composa le numéro de son ex-femme.

FLASHBACK

Il était plus de 23H00 et les bureaux du FBI de New-York étaient vides. Vide ? Pas entièrement. En effet, Sam était toujours là, debout devant le tableau en train de réfléchir. Soudain, deux mains se posèrent sur ses yeux.

- Devine qui je suis.
- Hum... je ne sais pas, répondit-elle avec amusement.

L’inconnu se rapprocha de Sam, leurs corps étant maintenant l’un contre l’autre.

- Je ne vois toujours pas. Donne-moi un indice.

Doucement, l’inconnu approcha sa bouche de l’oreille de la jeune femme. Le contact du souffle chaud de cet homme sur son cou fit naître en elle un frisson. Il murmura :

- Suis moi mais garde les yeux fermés.

Il laissa glisser l’une de ses mains, parcourant ainsi le corps de la jeune femme pour enfin atteindre celle de cette dernière. Main dans la main ils commencèrent à avancer. Au bout de quelques mètres, l’inconnu s’arrêta et Sam fit donc de même. Du bout des doigts il parcouru une fois de plus le corps de Sam avant de poser ses mains sur la hanche de cette dernière. Instinctivement, elle posa ses mains sur celle de son compagnon.

- Alors, tu as eu le temps de réfléchir ?

Leurs corps étaient de nouveau l’un contre l’autre. Avec beaucoup de sensualité dans la voix et de douceur dans les mouvements, elle lui répondit tout en se retournant.

- Oui, mais laisse moi être sûre de moi.

Elle plaça l’une de ses mains sur la nuque de cet inconnu et, sans jamais ouvrir les yeux, partie à la rencontre de ses lèvres.

FIN DU FLASHBACK

- Oui allo !

Jack revint à lui-même en entendant la voix de Maria.

- Maria, c’est Jack.
- Que me vaut cet honneur ?
- Je voudrais que tu me parles de Martin Newels.
- Pourquoi ?
- Il est suspecté d’enlèvement.

Un instant passa pendant lequel personne ne prononça un mot.

- Très bien, tu veux savoir quoi exactement ?!
- Tu l’as revue récemment ?
- Oui, il y a environ un mois.
- De quoi avez-vous parlez ?!
- De ma vie, de mon mariage loupé, de toi et des filles.
- C’est tout ?!
- Euh non. Je lui ai raconté comment tu m’as trompé avec cette fille. Il m’a aussi avoué qu’il m’aimait encore.
- Ah bon ?! Et tu lui as répondu quoi ?
- Que ça faisait plus de 15 ans que nous n’avions pas eu de contacts et que pour moi tout était fini. Je ne sais pas comment il fait pour ressentir encore quelque chose pour moi après toutes ces années.
- L’amour, le vrai, ne meurt pas. Parfois il arrive à s’endormir, mais jamais pour très longtemps.

Un second silence s’installa entre eux deux.

- Tu diras aux filles que je les aime.
- Ok.

Il raccrocha et était sur le point de repartir dans ses souvenirs quand quelqu’un entra.

- Jack ?!
- Oui Martin.
- Je crois que tu me dois des excuses.
- Ah bon ?! Et pourquoi ?!
- Pour ce que tu m’as dit dans les toilettes !
- Je ne vais pas m’excuser parce que je ne suis pas hypocrite.
- C’est vrai, tu n’es pas hypocrite et moi non plus. Alors, laisse-moi te dire quelque chose. Oui je mange et je dors, même quand Sam est portée disparue, mais ça ne veut absolument pas dire que je ne l’aime pas ! Non mais regardes-toi, on dirait un zombi !!! Explique moi ce que je t’ai fait et tout ira mieux !
- Tu sais très bien ce que tu m’as fait !!!
- Non, je ne sais.

Il écarquilla les yeux et regarda son patron. Alors, après toutes ces années il avait encore des sentiments pour Sam. Jack aussi regardait Martin. Il ne savait plus quoi lui dire et la seule chose qu’il avait à l’esprit c’est qu’il ne pourrait jamais être avec Sam étant donné qu’elle sortait avec Martin. Avant de partir, ce dernier dit à son patron :

- Je ne suis plus avec Sam depuis quelques mois.

Jack releva brusquement la tête.

- Je n’ai pas réussi à me battre contre toi.

Un sourire sincère sur le visage, il ajouta avant de réellement sortir de la pièce :

- Bonne chance.



Jack s’attendait à tout mais pas à ça. Comment ne s’en était-il pas rendu compte plus tôt ?! Certaines choses s’expliquaient à présent ! Tous ces petits gestes, ces regards, qui avaient cessé d’exister quand elle s’était mise avec Martin avaient soudainement réapparus depuis quelques temps. Bien callé au fond de sa chaise, Jack réfléchissait ou du moins essayait de réfléchir car tout était très confus pour lui. Il avait envie de la serrer dans ses bras, de l’avoir pour lui. Il avait envie de la toucher, de lui faire l’amour comme jamais auparavant ! Ce sentiment si profondément ancré dans son cœur ne pouvait être décrit pas de simples mots, il fallait le vivre pour pouvoir savoir qu’elle sensation cela provoque, ce que ça fait d’avoir quelqu’un dans la peau.

- Jack ?!

Il fixa la porte de son bureau et vit que Danny était là.

- Martin Newels est là.
- Où est-il ?
- Dans la salle d’interrogatoire avec Vivian.

Il se leva et, sûr de lui, se dirigea vers cette fameuse salle. Il avait mené beaucoup d’interrogatoires, pas tous concluants, certains très éprouvants, surtout quand il s’agissait de la disparition d’enfants. Cependant, aucun n’avait jamais provoqué cette sensation là chez lui. L’estomac noué, la gorge serrée. Il n’avait ressenti ce sentiment de peur que très peu de fois. Pour la première fois depuis bien longtemps, Jack avait peur pour quelqu’un. Chaque pas qu’il faisait le rapprochait un peu plus de ce fameux Martin et accélérait son rythme cardiaque. Enfin, il aperçu le visage de cet homme. Il ne ressemblait pas du tout à Martin, celui du FBI. Ce dernier attendait son patron devant la salle.

- Tu peux partir, je vais l’interroger avec Vivian.
- Ok.
- Martin !
- Oui ?!
- Je suis désolé, je ne pensais pas ce que je disais. J’étais, disons, un peu chamboulé.
- Je sais ne t’inquiètes pas.

Il lui sourit et repartit en direction de son bureau. Quand à lui, Jack entra dans la salle où Vivian l’attendait. Elle se leva et dit à Jack :

- Inutile de te le présenter je présume.
- Ca ira merci.

Elle posa la main sur l’épaule de son collègue et lui dit :

- Jack, je sais que ça va être dur mais tache de rester calme.

Il soupira, tourna le regard vers cet homme qu’il détestait déjà et dit :

- Je ne te promets rien mais je vais essayer.

Il s’avança et s’assit face à son suspect.

- Bon, inutile de me présenter je pense que vous savez déjà qui je suis.
- Effectivement, je sais qui vous êtes.
- Ok alors je vais jouer franc jeu avec toi. Où est-elle ?!
- Qui ?!
- Ne joue pas à ça avec moi, tu risquerais de le regretter.
- Je ne vois vraiment pas de qui tu parles Jack.

Martin s’appuya sur la table et fixa son regard dans celui de Jack, histoire de le défier.

- Je parle d’elle, dit-il en posant une photo sur la table.

Martin la saisit et dit.

- Oh, Sam !
- Ne l’appelle pas comme ça !
- Pourquoi, c’est mignon Sam, en plus pour une si belle femme.

Comme il l’avait fait avec le barman, il attrapa cet homme par le col et lui dit :

- Tu vas être respectueux avec elle ok ?!
- Sinon quoi ?!
- Sinon je te fais enfermer pour outrage sur la personne d’un agent fédéral.
- Ok, je ne lui manquerais plus de respect, promis.

Jack jeta Martin au fond de sa chaise et continua.

- Bien, maintenant dis moi où elle est !
- Je ne l’ai jamais rencontré.
- Ah, mauvaise pioche. Le barman de l’hôpital m’a confirmé t’avoir vu avec elle le soir où elle a disparu.

Immédiatement, notre homme changea de visage. Il se referma sur lui-même et se tassa dans sa chaise.

- Peut être, mais ça ne fait pas de moi un suspect.
- Mauvaise pioche, et bien tu n’as pas de chance ce soir on dirait. Au contraire, tu es la dernière personne à l’avoir vu, ce qui double les chances que ce soit toi qui l’ai enlevée.

Jack se tut et le regarda attentivement pendant quelques minutes. Ce mec lui ressemblait un peu physiquement, mais au niveau de la force de caractère ils n’étaient pas du tout les mêmes. Martin semblait être un trouillard, un idiot même, et c’est pourquoi Jack pensa qu’il serait facile de lui faire cracher le morceau. Vivian de son coté laissait son ami faire, lui seul pouvait arriver à sortir Sam de là où elle était. Leur amour, se disait-elle, avait surmonter des montagnes beaucoup plus hautes que ça. Son cœur le guidera vers elle.

- Bon écoute, on ne va pas jouer à ce petit jeu longtemps. Dis moi où elle est et je ferais un petit quelque chose pour toi.
- Quoi par exemple.
- Je ne sais pas moi, t’éviter le couloir de la mort par exemple.

Instantanément, Martin déglutissait. Il avait peur et cela se voyait comme le nez au milieu de la figure.

- Ok. Je vais tout te raconter.
- Et ben tu vois quand tu veux.
- Il y a environ un mois, je suis allé voir mon seul et unique amour, Maria. Tu dois bien la connaître Jack ?
- Je croyais bien la connaître.
- Bref, toujours est-il qu’elle m’a parlé pendant de longues heures. Elle m’a raconté sa vie et elle n’a pas omis le passage trahison de son mari. Elle m’a dit combien tu lui avais fait mal, combien tu l’avais trahi elle est les filles. Naturellement, je t’en ai beaucoup voulu, je voulais me venger. Je t’ai observé pendant deux semaines sans que tu ne t’en rendes compte et c’est ainsi que j’ai vu que tu étais encore amoureux de cette fille. C’est à ce moment que l’idée m’est apparue : le meilleur moyen de venger Maria et de te faire souffrir était de m’en prendre à cette fille.

Jack écoutait attentivement ce que lui racontait Martin.

- Je l’ai donc accosté une fois quand elle sortait d’ici. On a très vite sympathisé et on a échangé nos numéros de portable. Petit à petit on était de plus en plus proche. Un soir elle m’a donné rendez vous à l’hôpital. J’y suis allé et nous avons bu un coup. Elle était presque ivre et du coup elle a dit pas mal de choses. Au moment de partir je lui ai dit qu’elle avait trop bu et que j’allais la raccompagner chez elle. Mais comme tu peux t’en douter...

Jack lui coupa la parole et dit sur un ton qui laissait présager qu’il allait s’énerver :

- Dis moi où elle est !
- Elle est dans ma propriété de Caroline du Nord.
- Ok, tu sais ce qu’on va faire ?! Tu vas bien gentiment me noter l’adresse sur ce bout de papier et ensuite je vais aller là bas. J’espère pour toi qu’elle va bien, sinon...

Il ne termina pas sa phrase tellement il était mal. Martin se hâta de noter l’adresse sur le papier que Jack mit ensuite dans sa poche. Avant de partir il dit à Vivian :

- Veille à ce qu’il soit enfermé.
- Ne t’inquiète pas. Allez ! Cours la chercher, tu en meurs d’envie !

Pour la première fois depuis le début de l’enquête, Jack avait sourit. Il sortit en trombe de cette salle, passa dans les bureaux et dit tout en courant :

- Martin tu viens avec moi !

Immédiatement, ce dernier se leva et suivit son patron. Arrivé à l’ascenseur il lui demanda enfin :

- Où vas t-on ?
- En Caroline du Nord.
- Pourquoi faire ?!
- Chercher Sam.



Le voyage fut vraiment très long pour nos deux agents. Le jet qu’ils avaient pris avait été prêt en un temps record : 30 minutes là où d’ordinaire il en faut presque 60. Un voyage en voiture avec succédé à celui en avion et Jack avait de plus en plus de mal à attendre. Il leur fallut environ 30 minutes de plus pour rejoindre la propriété indiquée par Martin Newels. Il leur avait affirmé que personne ne serait à l’intérieur et qu’il trouverait Sam allongée sur le lit de la seule chambre de l’étage. Arrivé devant la porte de la maison Jack regarda son collègue et lui dit :

- Reste là, j’y vais seul.
- Jack, tu sais bien que je ne peux pas faire ça.
- S’il te plait Martin.
- Très bien. Mais sois prudent.
- Ne t’inquiètes pas.

Doucement, Jack entra. Il commença par vérifier toutes les pièces du bas, personne n’était là. Le cœur battant il gravit les escaliers, l’arme toujours au poing. Une seule porte était fermée, ce devait être la chambre. Il vérifia les autres pièces mais comme au rez-de-chaussée personne n’était là. Alors, il s’approcha de cette porte close, il abaissa doucement la poignée et ouvrit la porte. C’est là qu’il la vit. Elle était allongée sur le lit, pieds et mains liés. Ses vêtements étaient sales et ses yeux rouges : elle pleurait. Il inspecta la pièce avant de courir vers elle. Il lui détacha les pieds puis les mains et enleva le bout de papier adhésif qu’elle avait sur la bouche. Quel ne fut pas son étonnement lorsque Sam lui sauta au cou, pleurant toutes les larmes de son corps. Jack ne savait plus quoi faire alors, laissant son cœur parler, il la serra dans ses bras. Assis sur le bord du lit, il la serra contre elle tout en lui prononçant des mots doux pour la rassurer. Il se sentait soulagé, elle n’avait rien, du moins en apparence. Au bout d’un moment, Sam se sortit de l’étreinte de son patron et commença à lui dire :

- Oh, Jack si tu savais.

Il lui posa le doigt sur la bouche et lui dit doucement :

- On verra ça plus tard ok ?!

Elle acquiesça d’un signe de tête avant de la replonger dans le cou de cet homme qui pour elle arrivait un peu comme un sauveur.



Il était environ 18H00 quand Jack sortit de la maison avec Sam dans les bras. A présent, il était seul au siège du FBI et son horloge venait de sonner 23H00 quand la porte de son bureau s’ouvrit. Il leva les yeux, un peu surpris d’avoir de la visite étant donné l’heure. C’était elle, Sam, plus belle que jamais. Fraîchement lavée et maquillée, elle portait un jean et un haut décolleté blanc qui mettait bien en valeur sa poitrine. Autour de son cou pendait un collier en or que Jack reconnu immédiatement. C’était celui qu’il lui avait offert pour la Saint-Valentin du temps où ils étaient ensemble. Ses cheveux blonds légèrement ondulés tombaient en cascade sur ses épaules. En la voyant, il comprit pourquoi il l’aimait.

- Je ne te dérange pas ?
- Jamais.

Doucement, elle entra et alla s’asseoir sur le canapé avant d’être rejointe par Jack. Ils se regardèrent dans les yeux pendant quelques minutes quand elle prit la parole.

- Ecoute Jack, ce que je voulais te dire quand tu es venue me chercher c’est que pendant tout le temps où j’étais là bas, je ne pensais qu’à une chose : m’en sortir pour revoir au moins une fois le visage de cet homme qui fait battre mon cœur.

Tout comme il l’avait fait le jour du procès de l’affaire Spaulding, elle pausa sa main sur le visage de Jack. Ce dernier se laissa faire avant d’ajouter :

- Ecoute Sam. Ce que tu viens de me dire me touche vraiment. Je veux que tu saches une chose, c’est que moi tout ce que j’ai pensé pendant tout ce temps où je te cherchais c’est que je voulais te revoir pour savoir si tu avais tourné la page ou si, comme moi, tu n’as jamais réussi. Il s’est passé beaucoup de choses. J’ai appris que tu n’étais plus avec Martin et Vivian m’a aidé à prendre conscience de mes sentiments.

Un sourire s’afficha sur les lèvres de Sam.

- Mais je me suis aussi rendu compte d’une autre chose. Crois moi, ça me fait mal de te dire ça, mais toi et moi ça ne pourra jamais marcher. Tout çà à cause d’une maudite loi, une loi que l’on ne peut malheureusement pas bannir ou effacer d’un coup de gomme.

Le sourire de Sam avait cédé la place à des larmes. Doucement, elle se leva, le regarda et sortit du bureau. Jack se releva, attrapa son manteau et sortit également. C’est alors qu’il la vit sortant de l’ascenseur. Elle vint vers lui et lui dit :

- Ecoute Jack, je sais que tu ne crois pas à notre histoire. Mais, est ce que tu me respectes assez pour me laisser le choix d’en décider ?! Jack, je ne peux pas survivre sans toi !
- Sam, je ne reviendrais pas sur ma décision.

Cette fois, les larmes coulèrent sur les joues de la jeune femme. Elle le regarda une dernière fois avant de reprendre l’ascenseur. Jack quand à lui préféra prendre les escaliers. C’est ainsi que chacun retourna chez lui, le coeur à la fois meurtri mais aussi heureux de savoir que la personne aimée ressent la même chose, qu’elle partage ce même sentiment.



Tout avait repris normalement les jours suivants. Normalement, enfin presque. Jack et Sam étaient malheureux. Jack le cachait plutôt bien mais Sam avait beaucoup de mal. Tous les soirs chez lui, Jack repensait à ce qu’elle lui avait dit ce soir là. Est-ce qu’il la respectait assez pour lui laisser le choix de décider de leur relation ?! Cette question lui trottait dans la tête, il ne faisait que penser à cela. Pour dire vrai il avait tout simplement peur de s’engager, peur de braver cette loi, peur de la perdre une fois de plus. Il était sur le point de s’endormir quand il repensa à quelque chose. Ce quelque chose le fit réagir puisque immédiatement il attrapa son manteau et sortit de chez lui. Il parcouru toute la ville et malgré l’heure tardive il y avait beaucoup de monde sur la route. Vers 22H35 sa voiture s’immobilisa devant un petit pavillon comme l’on en trouve beaucoup à New York. Il vit avec soulagement qu’il y avait encore de la lumière, visiblement elle ne dormait pas. Il sortit de sa voiture et alla frapper à la porte. Quelques instants plus tard elle vint lui ouvrir.

- Jack, qu’est ce que tu...
- Chut.

Avec douceur il entra dans cet appartement qu’il connaissait comme le sien. Il la regarda de haut en bas, elle portait un peignoir, visiblement elle s’apprêtait à se doucher. Il enleva son manteau, le posa sur le fauteuil le plus proche et, toujours avec douceur, défit le nœud qui tenait son peignoir fermé. Elle portait juste un ensemble de sous vêtements blancs. Il posa ses mains sur la taille de la jeune femme avant de tendrement l’embrasser. Agréablement surprise, celle-ci lui demanda :

- Je peux savoir ce qui t’a fait changer d’avis ?

Un sourire aux lèvres il lui répondit :

- Un jour, je perdrais mon boulot car je serais trop vieux alors je ne veux pas prendre le risque de laisser filer la femme de ma vie.

Elle le dévora des yeux pendant que celui-ci passait ses mains sur les formes de la jeune femme. Cette dernière le laissa faire avant d’en saisir une et de se diriger vers la salle de bain. Ils partagèrent une douche avant de partager un lit. Cette nuit là, ils se firent l’amour comme jamais auparavant, ils redécouvrirent le corps de l’autre. Ils étaient redevenus eux même, cette partie de leur corps, de leur cœur et de leur esprit qui leur avait manquée pendant de si longues années étaient enfin réapparue.


FIN
Copyright © 2003-2019 fbi-fr.net - Le site de référence sur la série fbi portés disparus.