|
JACK : Je peux savoir ce qui se passe ici ?
FRANK MALONE : Je fais seulement un peu de classement, c'est tout.
JACK : Je viens de recevoir un appel de l'hôpital, ils m'ont dit que tu souffrais d'insuffisance rénale et que tu refusais le traitement.
FRANK MALONE : Ecoutez, j'ai déjà parlé aux autres docteurs, j'ai eu tous les avis que je voulais, alors merci beaucoup.
JACK : Papa c'est moi, c'est ton fils. Jack.
FRANK MALONE : Oh Jack je... Oh.
JACK : A quoi tu joues ? C'est simple, en refusant la dialyse tu risques de mourir en quelques jours. T'as une idée de ce que tu fais ?
FRANK MALONE : Ecoute, j'ai pas besoin de ton aide.
JACK : Mais enfin qu'est ce qui te prend ?
FRANK MALONE : Qu'est ce que tu attends de moi ?
JACK : Mais qu'est ce qu'y a ?
FRANK MALONE : Je ne vois aucune raison pour qu'on s'acharne sur moi, d'accord ?
JACK : Oh s'il te plait tu veux bien m'épargner tes airs dramatiques.
FRANK MALONE : Je perds mes forces ici, j'ai plus ma tête la moitié du temps, et je vois mes petites-filles une fois par an, tu débarques ici tous les quinze jours, on ne fait que se disputer alors tu parles d'une vie.
JACK : Pourquoi tu ne m'as pas appelé ?
FRANK MALONE : Pourquoi, pour que tu viennes encore me dire ce que je dois faire ?
JACK : Je te dis pas ce que tu dois faire. Parlons en de ce que tu vas faire, tu vas te rouler en boule par terre et attendre la mort ?
FRANK MALONE : Non. Mais je partirai avec le peu de dignité qui me reste et en plus c'est pas ton problème.
(Frank se lève et s'éloigne)
JACK : Bien sûr que non.
VIVIAN : Carme Kane. Elle est enregistrée au syndicat des acteurs mais rien concernant le permis de conduire, le fisc ou quoi que ce soit de précis.
SAM : C'est peut-être un nom de scène.
VIVIAN : Il est écrit là qu'elle a fait le conservatoire d'arts dramatiques du Connecticut.
MARTIN : Bon heu, il se trouve que Raymond Salas a été tué par un mari jaloux.
SAM : Bon une hypothèse au hasard : peut être qu'elle a confondu l'agression du metteur en scène avec le meurtre de Raymond Salas.
MARTIN : Oui mais ça n'explique toujours pas le petit garçon.
SAM : Non, et ça n'explique pas les abeilles.
VIVIAN : Ah, au printemps 99 j'ai une étudiante qui s'appelait Carmen Kushowski.
MARTIN : Pas étonnant qu'elle ait changé de nom.
JACK : Quand j'avais seize ans ma mère s'est suicidée. Et j'ai rien fait pour l'en empêcher.
DOCTEUR RAKER : Ce n'est pas la même chose.
JACK : Vous croyez ?
DOCTEUR RAKER : Il est malade. Et ça ne fera qu'empirer. Le laisser partir serait peut être la meilleure solution.
JACK : C'est ce que vous feriez ?
DOCTEUR RAKER : Je vous parle des faits. Si vous vous accroché ça ne sera pas joli... et je ne suis pas sûre que vous obtiendrez non plus ce que vous voulez.
JACK : Je ne me sens pas prêt.
DOCTEUR RAKER : Je sais. Lui il l'est.
JACK : Tu vas bien ? Tu y es resté longtemps.
FRANK MALONE : C'est à cause de cette infection urinaire. Ca fait un mal de chien. Et d'abord qu'est ce que ça peux te faire hein ? Et pourquoi on mettrait pas un truc de Dizzy Gilespie ou de John Coltrane ?
JACK : Papa attends. Est-ce que tu, tu sais qui je suis maintenant ?
FRANK MALONE : Non, mais tu es vraiment un chieur.
JACK : Et bah ça va bien.
FRANK MALONE : Oh, tu parles. Par là ?
JACK : Oui tu peux t'asseoir là Frank. Ca va ?
FRANK MALONE : Oui.
JACK : Ecoute, je voudrais te parler une minute.
FRANK MALONE : Oui, c'est le passage où tu vas essayer de me convaincre de changer d'avis.
JACK : Je veux seulement que tu m'écoutes. D'accord ?
(Frank lui fait signe que oui)
JACK : Je veux que tu ailles à l'hôpital. Je veux que tu te fasses soigner pour tes reins. Et je veux être au près de toi.
FRANK MALONE : Ah, être auprès de moi. Ecoute, c'est moi qui vais endurer tout ça, alors comment est-ce que tu pourrais être au près de moi ?
JACK : Je vais prendre un peu de vacances hein, je, je passerai, je resterai là, je veillerai sur toi.
FRANK MALONE : Tu n'y arriveras pas.
JACK : Ecoute je le veux et je vais le faire. Mais toi je veux que tu fasses une chose pour moi. Je veux que tu ailles à l'hôpital suivre ton traitement pendant quelques semaines... et si après ça tu, enfin si ça ne te convient pas, si tu veux plus le faire... je te laisserai décider, tu feras ce que tu voudras. Je veux seulement que tu fasses un essai.
FRANK MALONE : Pourquoi tu veux faire ça pour moi ?
JACK : Parce que tu es mon père.
FRANK MALONE (ému) : D'accord.
JACK (étonné) : D'accord ?
FRANK MALONE : Préviens le docteur.
JACK : Je repasse après.
FRANK MALONE : D'accord.
(Jack sort de l'appartement mais une fois dans le couloir il fait demi-tour et revient)
JACK : Heu écoute papa, je voudrais...
(Son père a les yeux clos)
JACK : Papa ? Ca va ? Papa ? Papa ça va ?
(Il prend son pouls et constate qu'il est mort. Il s'asseoit à ses côtés et lui prend la main. Une larme coule le long de son visage)
JACK : Je t'aime.
|