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miss taylor
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MessagePosté le: 04 Mai 2008 20:17    Sujet du message: Répondre en citant

Disparue depuis deux jours et vingt-trois heures
La lumière d’un éclair déchira le ciel de nuages noirs.

Jack (agacé, en colère) : Encore ?!

Jack entrouvrit ses yeux bruns. A l’écoute du tonnerre, il soupira. Ce foutu orage avait duré toute la nuit. Toute la nuit ! Il aurait peut-être dû compter les coups de tonnerre comme on compte les moutons : il aurait peut-être pu trouver le sommeil. Ne serait-ce que quelques secondes... Mais c’était trop tard pour dire « Si seulement j’avais fait ci, si seulement j’avais fais ça »... Jack se décida à bouger. Il se redressa lentement. Une fois assis, il regarda son bureau autour de lui. Eclairée uniquement par les éclairs de l’orage, la pièce était encore toute encombrée. Il soupira encore une fois. Un autre éclair perça dans le ciel obscur. Le tonnerre fit sursauter Jack.

Jack (seul à lui-même) : Wow ! Le plus fort depuis hier.

Il se leva et marcha au ralentit jusque dans le couloir. Là, il prit la direction des toilettes. Une fois devant le lavabo, il ouvrit le robinet. Jack prit de l’eau fraîche et se la passa sur la figure. Au contact du froid, sa peau fut parcourue d’un léger frisson. Il se regarda dans le miroir. Des gouttes d’eau perlaient de partout sur son visage. Jack se regarda fixement quelques instants.

Jack (détournant son regard) : Un vrai déterré. Mais à quoi je ressemble maintenant ? Pourquoi je t’ai laissée partir ? Pourquoi ? Je suis vraiment le dernier des crétins. Mais quel con je suis !

Jack s’élogna du lavabo avant de frapper dessus. Il souffla quelques instants pour retrouver son calme. Simplement l’eau continuait de couler. La colère remonta en lui. Il s’approcha et donna un violent coup de poing sur le robinet, en étouffant un cri de rage. Le souffle rapide, Jack regarda avec dégoût son reflet dans la glace. Il éprouvait de la haine contre lui, de la haine contre ce qu’il avait été, de la haine contre ce qu’il était, de la haine contre ce qu’il serait. Il était plus idiot des hommes qu’il avait rencontrés dans sa vie. Jack sortit des toilettes et décida d’aller cracher son venin contre l’orage dehors. De toute façon, que pouvait-il faire d’autre ? Rien, à part attendre que quelqu’un vienne dans son bureau et passer ses nerfs dessus ? S’en servir comme victime ? Non ! Il l’avait fait trop souvent ! Il avait éviter trop longtemps de se regarder en face. Maintenant, il l’avait fait, et il ne pouvait pas reculer. Il ne pouvait plus reculer. Jack prit l’ascenseur et appuya sur le bouton qui menait au toit. Une fois arrivé à destination, Jack sorit sous la pluie torrentielle. Il resta immobile quelques instants et regarda la ville sous les trombes d’eau.

Jack (criant) : Putain de merde ! Mais qu’est-ce que j’ai fait ?! Rien ! (baissant la voix) Rien du tout... Je suis qu’un raté... (recommençant à crier) Un vrai raté !

Le vent venait de se lever et la pluie tombait maintenant de plein fouet sur le visage de Jack, l’énervant encore plus que ce qu’il n’était déjà. Quelques vieilles tasses vides de café roulèrent à ses pieds. A peine les avaient-elles touchés que les bouts des chaussures de Jack s’abattirent violemment sur le papier humide des gobelets. Ces derniers se retrouvèrent alors projetés plus loin devant. Mais comme absorbés par un tourbillon, ils retournèrent à leur point de départ. Jack les attrapa à la main et les balança le plus loin qu’il pouvait. Une fois que les tasses eurent disparues derrière les rideaux de pluie, Jack s’avança vers le bord du toit. Il ferma ses yeux bruns et s’appuya contre la barre de sécurité. Il n’avait qu’une idée en tête : la franchir. Il avait franchi toutes les règles avec elle, toutes, alors pourquoi pas cette vulgaire limite ? Le souffle frais du vent attira Jack en arrière alors qu’il passait la barrière. Il se retint tant bien que mal avec ses mains trempées sur le métal glissant. Il parvint enfin à passer son autre jambe de l’autre côté. Jack soupira et posa quelques instants son regard sur ses vêtements trempés : son costume noir allait bien mériter un dégressage express si il décidait de ne pas sauter dans le vide. Quant à sa chemise blanche et à sa cravate, elles étaient littéralement fichues. Après un second souffle d’agacement, Jack ferma lentement ses yeux. Il se laissa bercer par le vent et la pluie. Son visage était éclairé de temps à autre par quelques éclairs qui se faisaient de plus en plus rares. Lointaine, une voiture s’arrêta en bas de l’immeuble. Des talons claquèrent rapidement sur le goudron. Jack n’y prêta pas plus attention. Il restait immobile. On aurait pu croire qu’il était gelé. Mais cette impression passa à cause de son téléphone : il vibrait et il «  réveilla » Jack se son « coma ».

Jack (ailleurs) : Oui ?
Samantha (inquiète) : Jack ? Y’a ta veste dans ton bureau et j’ai cherché partout t’es pas là ! T’es où ?
Jack (ailleurs, calmement) : Calme-toi...
Samantha (inquiète) : T’es dehors ?! Mais qu’est-ce que tu fous dehors ?!
Jack (ailleurs, calmement) : Je suis pas...
Samantha (s’énervant, inquiète) : Me prends pas pour une idiote ! J’entends la pluie ! T’es où dehors ?! Et bouge-toi de me le dire parce que...
Jack (calmement, hésitant) : Sur le toit mais ne viens pas.
Samantha (criant, inquiète) : Non mais tu crois que je suis folle ?! J’vais pas te laisser là-haut sous la pluie tout seul ! C’est plutôt toi qui est complètement timbré !
Jack (calmement, hésitant) : Je suis désolé.
Samantha (fermement) : Non mais t’excuse pas ! Je monte.
Jack (calmement, hésitant) : Non, s’il te plaît ne...
Samantha (fermement) : J’ai dit je monte !
Jack (calmement) : Non, Sam...
Samantha (fermement) : Tais-toi et écoute-moi. Là, je suis en train d’attendre l’ascenseur alors tu bouges pas ok ?
Jack (calmement, tentant d‘être convaincant) : Mais j’ai rien Sam.
Samantha (fermement) : Hier je t’ai trouvé bizarre alors me prends pas pour une imbécile Jack ! Tu crois que si tu allais bien tu serais monté sur le toit par un temps pareil ?
Jack (hésitant) : Oui je... Enfin non.
Samantha (fermement) : C’est bien ce qu’il me semblait. Alors tu discutes pas et tu m’attends !
Jack (hésitant) : Je...
Samantha (s’égosillant) : Jack !

Jack raccrocha lorsque le « bip » résonna dans son portable. Il reglissa l’objet dans sa poche et regarda la ville. Il essayait de penser à atre chose qu’à elle mais... C’était impossible. « Tu crois que si tu allais bien tu serais monté sur le toit par un temps pareil ? »... Ces mots résonnaient encore dans sa tête. Il était impuissant face à elle. Il ne pouvait rien lui refuser. Et il l’avait pourtant fait souffrir. Mais maintenant qu’elle allait monter, sauter de cet immeuble devenait plus compliquer. Avant c’était une impulsion et puis rien. Et maintenant c’était une impulsion, une âme souffrante et peut-être un autre suicide... Non, il lui avait assez fait de mal... Mais si elle le trouvait là, elle allait l’empêcher de sauter. Si il ne l’écoutait pas, il la blesserait encore plus. Et puis que penserait-elle de lui après ? Qu’il était lâche ? Qu’il avait eu raison ? Qu’il était égoïste ? Trop de questions venaient en même temps : pourquoi le rendait-elle aussi mal ? Il avait envie de tout abandonner pour elle, même sa vie. Et pourtant à chaque fois qu’il prenait une décisior, une petite voix lui soufflait « Non ne fais pas ça ! Tu vas souffrir. Et elle va souffrir avec toi ».

Une voix féminine (lointaine) : Jack ! Qu’est-ce que tu fous ?! Reviens !

Jack se retourna. Une masse noire sous un parapluie se dessinait devant lui. Plus elle se rapprochait, plus il avait la sensation de s’écrouler alors qu’il restait parfaitement stable. Tout était vide. C’était un véritable trou noir entre le coup de téléphone et l’instant présent. Une fois à quelques centimètres de lui, Jack parvint enfin à reconnaître l’ombre face à lui.

Jack (hésitant) : Sam.
Samantha (tendant sa main à Jack) : Jack ! S’il te plaît. Fais pas l’idiot. S’il te plaît. J’ai besoin de toi. S’il te plaît.
Jack (hésitant) : Sam.
Samantha (tendant la main à Jack, sentant des larmes monter dans ses yeux) : S’il te plaît Jack. Je t’en supplie, ne fais pas ça. J’ai besoin de toi.

Jack approcha sa main de celle de la jeune femme. Celle-ci s’empressa de l’attraper. Il repassa par-dessus la barre de sécurité. Samantha s’effondra dans les bras de Jack.

Samantha (ravalant ses larmes) : Pourquoi t’as fait ça hein ? Pourquoi Jack ?
Jack (serrant Samantha dans ses bras) : J’en sais rien, je suis désolé Sam.
Samantha (ravalant ses larmes) : S’il te plaît, ne refais plus jamais ça. Je ne veux pas te perdre. Tu es... Tu es...
Jack (berçant doucement Samantha dans ses bras) : Je suis ?
Samantha (ravalant ses larmes) : Tu es... Tout. Tu comprends ? Je peux pas te laisser tomber. Je peux pas.
Jack (berçant doucement Samantha dans ses bras) : Je suis désolé.
Samantha (ravalant ses larmes, se dégageant des bras de Jack) : Je sais, je sais que t’es désolé. Je... On ferait peut-être mieux de rentrer non ?

Jack hocha lentement la tête. La jeune femme lui sourit de la façon la plus décontractée qu’elle pouvait. Mais il sentait bien qu’elle n’allait pas aussi bien que ce qu’elle ne voulait bien laisser paraître. Et c’était pour la énième fois sa faute. Il avait voulu en finir et c’était elle qui en avait payé le prix. Une fois de plus. Une fois dans l’ascenseur, Samantha appuya sur le bouton du cinquième étage. Regardant les chiffres défiler, Jack pensa à l’heure : il était déjà neuf heures ? Non c’était impossible ! Même par un temps comme ça, il ne faisait pas aussi noir ! Arrivés à l’étage de leur section, les agents descendirent. Le couloir était entièrement vide. Encore quelque chose qui montrait qu’il n’était pas l’heure... Samantha partit en salle de debriefing sans adresser un regard à Jack. Quant à lui, il se dirigea vers son bureau. Là, il regarda sa montre : huit heures moins le quart. Jack leva les yeux, interloqué. A travers la vitre, il vit Samantha se détacher les cheveux et s’installer devant son ordinateur. Jack soupira et la rejoignit.

Jack (hésitant) : Heu Sam.
Samantha (se retournant) : Oui ?
Jack : Qu’est-ce que tu fais là ?
Samantha (tentant de plaisanter) : Je bosse.
Jack : Non mais, tu étais sencée venir à neuf heures.
Samantha (secouant la tête) : Tu ne me l’as pas dit.
Jack (s’appuyant contre la table centrale) : Un peu plus de sommeil ça te ferait pas de mal.
Samantha (esquissant un sourire) : Comme à toi.
Jack (détournant le regard) : Moi c’est autre chose.
Samantha (fermement) : Tu veux que je te dise, tu m’aurais dit de venir à neuf heures je serais quand même venue maintenant parce que j’arrive pas à rester toute seule chez moi. (avec une voix plus douce) Et puis, si j’étais pas venue, tu aurais certainement fais une connerie.
Jack (hochant la tête) : Je sais que j’aurais pas dû faire ça.
Samantha (d‘une voix douce) : Et pour revenir à toi, tu devrais prendre du repos. Parce que là, tu fais peur à voir.
Jack (levant la tête vers Samantha) : A ce point ?
Samantha (hochant la tête) : Oui.
Jack (hésitant) : Ouais mais je peux pas. Enfin, pas tout de suite.
Samantha : Pourquoi ?
Jack (esquissant un sourire) : Tu t’oublies ?
Samantha (jetant un regard sombre à Jack) : Arrête de répondre à une question par une autre.
Jack (esquissant un sourire) : Ok. C’est à cause de toi et de Sabrina que je peux pas partir. Faut quand même que je fasse mon boulot avant de prendre des vacances.
Samantha (haussant les épaules) : Tu sais, si ça t’arrange, je peux prendre Martin avec moi.
Jack (hésitant) : Non. Tu as choisi, je reste. Avec toi.

Le bruit des portes de l’ascenseur les coupa. Danny en descendit au pas de course. Jack détourna les yeux. Il attrapa des relevés qui traînaient à côté de lui. Il les regarda brèvement et les tendit à Samantha.

Jack (paraissant détendu, tendant les feuilles à Samantha) : Bon, tu peux me regarder les relevés de sa soeur s’il te plaît ?
Samantha (attrapant les feuilles) : D’accord.
Danny (passant l’entrée de la salle de debriefing) : Wow Jack ! T’as oublié ton imperméable et ton parapluie ?
Jack (tentant de paraître décontracté) : Un peu...
Danny (déposant son parapluie à côté de son bureau) : Déjà en tran de bosser Sam ?
Samantha : Ouais, ça t’étonne ?
Jack (regardant Danny puis Samantha) et Danny (regardant Jack puis Samantha) : Et tu nous dis de pas répondre à une question par une autre ?
Samantha (souriante, se retournant) : Ouais.
Danny (enlevant son imperméable) : Tu te fous de nous.
Samantha (plaisant) : A peine.
Jack (désignant Samantha du regard) : Danny, ça te dérange de donner un coup de main à Sam ?
Danny (secouant la tête) : Non, pas de problème. (à Samantha) Tu m’en passes ?
Samantha (se retournant, faisant semblant de jeter les feuilles) : T’attrapes ?
Danny (souriant) : Heu non, parce que vu comme t’es douée, ça va tout finir par terre.
Samantha (jetant les feuilles par terre) : Fallait pas me donner d’idées.
Jack (se levant de la table centrale, bas à Samantha) : T’as suivi mon conseil, tu l’as appelé ?
Samantha (bas à Jack) : Ouais, je lui ai fait mes excuses.. Et il l’a pas mal pris alors... On repart sur de bonnes bases.
Danny (souriant, se redressant) : Dites-moi, on me cache quelque chose là ?
Samantha (souriante) : Vicieux, ramasse tes feuilles au lieu de te mêler des affaires des autres.
Danny (s’exécutant) : Ok, mais juste une dernière chose. Jack, tu ferais mieux de rentrer chez toi pour te changer parce que là...
Jack (hochant la tête, regardant ses vêtements) : Je vais suivre ton conseil Danny.
Danny (ramassant ses feuilles, bas à lui-même) : Pour une fois qu’on m’écoute quand je dis quelque chose. (à Samantha) Dis-moi, tu m’as donné combien de feuilles là ? Y’en a des tonnes !
Samantha (souriante) : Juste une vingtaine.
Danny (ramassant ses feuilles) : Quel est l’idiot qui ne les a pas agraphées ?!
Samantha (secouant la tête, se moquant de Danny) : J’en sais rien.
Jack : Bon bah moi je vous laisse les jeunes. A tout à l’heure.
Danny (ramassant ses feuilles) : Salut Jack.
Samantha : A toute à l’heure.

Jack partit dans le couloir et prit les escaliers.

Danny (attrapant sa dernière feuille) : Dis-moi, il s’est passé quoi entre hier soir et maintenant ?
Samantha (regardant les relevés) : Rien d’intéressant.
Danny (s’asseyant sur son siège) : Allez, dis-moi.
Samantha (regardant les relevés) : Je fais comme toi, secret défense.
Danny (secouant la tête) : Je savais que ça allait se retourner contre moi un jour ou l’autre.
Samantha (regardant les relevés) : Tu t’es pas trompé.
Danny (cherchant le regard de Samantha) : Tu veux vraiment pas me dire ?
Samantha (regardant les relevés) : Non.
Danny (regardant autour de lui, cherchant le regard de Samantha) : Sam, on est tous les deux. C’est le problème.
Samantha (regardant les relevés) : Non.
Danny (secouant la tête) : Et bah alors pourquoi tu ne dis rien ?
Samantha (levant la tête) : Ecoute, je suis pas sûre que Jack veuille en parler alors tais-toi.
Danny : Tu sais que là, tu viens de me donner un indice ?
Samantha (regardant les relevés) : A mon avis, tu te fais de fausses idées.
Danny (fronçant les sourcils) : Vous avez pas...?
Samantha (levant la tête) : Non Danny. Non.
Danny (après s’être pincé les lèvres) : Ben... J’en sais rien alors. (faisant des yeux ronds) Tu veux pas me dire ?
Samantha (secouant la tête, regardant à nouveau les relevés) : Ca te va pas...
Danny (faisant semblant de ne pas comprendre) : Quoi ?
Samantha (levant la tête) : Cette expression... Tu fais pas pitié du tout tu sais.
Danny (secouant la tête) : Non ! Pas vrai ! Ca me rend... Très pathétique !
Samantha (raillant) : Ah le rôle du gamin, ça te va déjà un peu mieux.

Danny digéra la remarque en évitant de montrer la moindre émotion, aussi petite qu’elle fut. Pourquoi tout revenait à ça ces derniers temps ?!

Danny (avec insistance) : Bon, tu veux vraiment pas me dire ?
Samantha (agacée, levant la tête vers Danny) : Bon écoute, Jack a voulu se suicider en sautant du toit ! C’est bon voilà t’es content ?! Tu sais maintenant alors tais-toi !
Danny (ne croyant pas Samantha) : Non !
Samantha (agacée) : Si !
Danny (ne croyant pas Samantha) : Non ! Je peux pas le croire !
Samantha (agacée) : Si tu peux le croire parce que c’est arrivé !
Danny (ne croyant pas Samantha) : Tu me fais marcher là ! C’est pas possible !
Samantha (agacée) : Non ! Faut te le dire en quelle langue ?! Ce que je t’ai dit est vrai !
Danny (ne croyant pas Samantha) : Non ! C’est pas possible !
Samantha (agacée) : La ferme !

Ne sachant pas trop pourquoi, Danny se tut. D’une certaine manière, il savait pourquoi : le ton que la jeune femme avait employé à son égard l’avait un peu « effrayé ». En temps normal, il n’aurait pas eu peur d’elle, au contraire. Il savait très bien qu’il pouvait l’arrêter, et non l’inverse. Il n’avait jamais laissé tomber face à elle. C’était toujours lui qui gagnait. Toujours. Elle n’avait jamais réussi à le faire plier. Pas même quand il était dans cet état. Alors pourquoi avoir abandonné là, maintenant, après qu’elle lui ait dit de la fermer ? Il n’était obéissant avec personne. A part peut-être Jack. Quelques fois. Quelques rares fois. Les yeux dans le vide, Danny avait l’impression de tomber à une vitesse incroyable dans un puit sans fond. Une chute lente et rapide à la fois, maladive et pourtant saine pour son état d‘esprit, interminable et si éphémère vis-à-vis des autres. Cet effondrement était totalement inexplicable. Pour les autres. Pas pour lui.

Une voix féminine (voix off) : Laisse-le tranquille !

Les lèvres de Danny se mirent à trembler. Tentant de le cacher, le jeune homme se retourna face à son ordinateur et passa machinalement une main devant sa bouche. Sa gorge se bloquait. Il avait l’impression d’étouffer. Sa respiration devenait de plus en plus forte et de plus en plus difficile à cacher. Fermant lentement ses yeux bruns, il étrangla un léger cri. Cette fois ce n’était plus uniquement ses lèvres qui tremblaient. C’était lui tout entier. Une sensation qu’il n’avait jamais ressenti auparavant. Ou dont il ne se rappelait plus. A part ça, rien ne pouvait l’avoir provoqué. Rien. Des gouttes de sueurs perlaient sur son front, entre quelques mèches de cheveux. Danny rouvrit les yeux. Tout était flou. Tout sauf la photographie face à lui et les images qui défilaient encore et encore et encore.

Samantha (lointaine) : Danny, ça va ? (n’obtenant pas de réponse) Danny ? Tu m’entends ? (n’obtenant pas de réponse) Ohé ! Danny ! T’es toujours avec moi ? (n’obtenant pas de réponse) C’est les relevés qui te passionnent autant que ça ? Danny réponds-moi.

Son collègue semblant être devenu complètement sourd, Samantha ne se contenta plus de répéter vainement sa question. Elle se leva de son siège et s’approcha de celui du jeune homme. Elle écarquilla les yeux lorsqu’elle vit le fauteuil trembler. Ce n’était pas le genre de Danny de faire ça. Puis, ses yeux montèrent doucement vers le corps de son ami. Il était raide. Complètement raide. Aussi raide qu’une large barre de plusieurs kilomètres de long en métal. Samantha avala difficilement sa salive à la vue de ce spectacle. Elle se glissa à côté de lui. Là, elle étouffa à un cri. Comme lui. La respiration du jeune homme était rauque et saccadée. Ses mains s’agrippaient à un objet invisible. Sa peau était aussi blanche qu’un cachet d’aspirine. Et son regard... Il passait presque par toutes les émotions : horreur, peur, haine... Et d’un seul coup, il devint vide.

Samantha (inquiète) : Danny ?

Les lèvres de Danny bougèrent mais aucun son ne sortit de sa gorge. Il semblait vraiment terrorisé ? Mais par quoi ? Il était impossible à Samantha de répondre à cette question. Elle-même essayait tant bien que mal d’y répondre. Sans succès. Elle attrapa la main de son ami. Il était gelé. Et pourtant il suait à grosses gouttes. Il fut pris d’un mouvement de panique passagerpendant quelques instants. Samantha ne pouvait plus le reconnaître. Elle ne l’avait jamais vu dans cet état. C’était à son tour de ne pas croire. Si un jour on lui avait dit qu’elle verrait son ami presque paralysé, elle n’aurait jamais imaginé que cela se produirait.

Samantha (inquiète, hésitante, fort pour que quelqu’un l’entende, d‘une voix douce) : Danny, calme-toi d’accord. Je... Je vais appeler un médecin ok ? Mais calme-toi. S’il te plaît.

Samantha lâcha lentement la main de Danny pour ne pas le brusquer. Elle posa sa main sur le téléphone du bureau. Sans savoir vraiment pourquoi il réagissait ainsi, elle sentit une forte pression s’exercer sur ses doigts puis plus rien. Elle se retourna vers la place de Danny mais elle était vide. Des bruits de pas rapides se firent entendre dans son dos. La jeune femme se retourna. Elle vit son collègue partir à toute vitesse dans le couloir. Distraite, elle ne fit pas attention à la voix qui lui parlait dans le combiné du téléphone. Elle n’entendait que deux choses : la pluie battante qui s’écrasait contre les vitres et les bruits de pas de Danny. Plus rien ne faisait obstruction à son état d’esprit. Elle se sentait mal. Très mal. Elle avait l’impression que tout ce qui s’était passé était de sa faute. Elle avait ordonné à Danny de se la fermer. Et qu’est-ce qu’elle récoltait ? Danny dans un état second. La veille, elle avait décidé sur une espèce de coup de tête de participer à cette infiltration, elle avait hésité à en parler à Jack, elle avait voulu que Danny vienne avec elle... Et le matin même, elle trouvait Jack sur le toit, voulant se jeter dans la rue. Elle l’avait cherché. Involontairement, mais cherché quand même. Mais elle pouvait au moins se féliciter de l’avoir empêcher de sauter. Pour Danny, c’était autre chose. Elle n’avait rien pu faire. Peut-être que c’était mieux comme ça. Peut-être que si elle avait agi, la situation aurait empiré...

Une voix (à l’autre bout du fil, lointaine) : Allô ?!
Samantha (perdue) : Allô ?
La voix (à l’autre bout du fil) : Vous allez bien madame ?
Smantha (secouant la tête pour se ressaisir) : Oui, ce n’est pas moi qui ne vais pas bien.
La voix (à l’autre bout du fil) : Je vous écoute, qui êtes-vous ?
Samantha : Agent Spade du FBI. Je... J’ai un collègue qui... Enfin...
La voix (à l’autre bout du fil) : Qui ?
Samantha : Il a besoin d’un médecin.
La voix (à l’autre bout du fil) : Qu’est-ce qui lui arrive ? Il est blessé ?
Samantha : Non, mais je sais pas, il était tout blanc et il tremblait, il ne répondait pas. J’ai pas compris ce qui se passait.
La voix (à l’autre bout du fil) : Très bien, vous êtes où ?
Samantha : Au FBI.
La voix (à l’autre bout du fil) : Très bien, je vous envoie un médecin. Vous serez où ?
Samantha : Au cinquième étage. Je l’attendrai en face des ascenseurs. Merci beaucoup.

Samantha reposa lentement le téléphone à sa place. Elle regarda tout autour d’elle : personne... La salle était vide. Etrangement vide. D’habitude, tout le monde était arrivé depuis au moins un quart d’heure et là... Rien. La jeune femme baissa les yeux. Le regard perdu dans le vague, elle se demandait si tout ce qu’elle avait fait jusqu’à présent se trouvait être juste. Mais la réponse qui lui venait à l’esprit était claire, nette et précise : c’était non. Après tout, elle avait un peu poussé Jack à vouloir sauter, et puis elle avait brisé sa famille, elle s’était très éloignée de la sienne, elle avait provoqué Danny. Et au début, elle l’avait ignoré... Samantha secoua la tête et se leva. Elle prit la même direction que son ami pour partir à sa recherche. Elle l’appela à plusieurs reprises mais elle ne reçut qu’un long silence pesant en guise de réponse. Elle répéta son prénom plusieurs fois en se tortillant les mains pour essayer de se détendre. Mais personne ne décrocha un mot. Le mouvement de la jeune femme s’amplifia : cette fois, elle était vraiment très inquiète. Elle marcha plus vite dans les couloirs tout en continuant de crier « Danny ». L’eau de la pluie s’abattant contre les vitres masquait quelque chose que Samantha percevait lointainement. Mais elle ne parvenait pas à comprendre de quoi il s’agissait. Plus elle avançait, plus le son se faisait distinct du reste. Le regard empli d’inquiètude, la jeune femme se surprit d’imaginer son ami étendu par terre. Elle sentit quelques larmes qui commençaient à rouler sur ses joues. Elle passa rapidement ses doigts dessus pour les effacer et tenta de retrouver son calme. Samantha prononça encore une fois le prénom de son collègue. Elle était bientôt au fond du couloir et Danny n’avait donné aucun signe de vie jusques là. La jeune femme s’arrêta et ferma ses yeux bruns. Elle se concentra sur le bruit qu’elle entendait depuis un petit moment qui lui avait pourtant semblé durer des heures. Des heures angoissantes, des heures inquiétantes, des heures silencieuses, des heures de solitude... Après réflexion, Samantha décida d’aller jusqu’au bout du couloir : elle n’était plus à un mètre près. Lentement, portant son attention à tout ce qui pouvait se passer autour d’elle, elle avançait à pas de loup. Le son paraissait s’éloigner. Samantha se retourna donc et prit le chemin en sens inverse. Toujours d’une attention exemplaire, elle se rendit compte que le simple bruit qu’elle entendait était le « bip » d’une imprimante dans le bureau d’un agent du même rang que Jack. Elle soupira de désespoir : mais où Danny avait-il bien pu passer ? La jeune femme se résigna à l’appeler sur son portable, bien qu’elle devinait qu’il ne répondrait pas. Mais elle aurait peut-être de la chance : peut-être qu’il décrocherait ou peut-être qu’elle entendrait la sonnerie quelque part... Samantha composa donc le numéro de son collègue. Une sonnerie, deux sonneries, trois sonneries...

Danny (à l’autre bout du fil) : Taylor ?
Samantha (surprise) : Danny ?
Danny (à l’autre bout du fil) : Oui Sam, c’est moi.
Samantha (inquiète) : Tu es où ?
Danny (à l’autre bout du fil) : Ah, heu je suis dans me voiture.
Samantha (inquiète, légèrement énervée) : Tu sais que ça fait je sais pas combien de temps que je te cherche ?!
Danny (à l’autre bout du fil) : Je sais, désolé.
Samantha (tentant de retrouver son calme) : Bon, qu’est-ce que tu fais dans ta voiture ?
Danny (à l’autre bout du fil) : Heu, pas ce qu’on est sencé faire dans une voiture...
Samantha (s’énervant) : Danny, t’as intérêt de me dire ce que tu fous, ok ?
Danny (à l’autre bout du fil) : Calme-toi !
Samantha (énervée) : Je suis calme !
Danny (à l’autre bout du fil) : Ca se voit pas...
Samantha (essayant de se calmer) : Ecoute, si tu me dis pas ce que tu fais, je vais descendre alors dis-moi.
Danny (à l’autre bout du fil) : Mais je vais bien, t’inquiète pas.
Samantha (s’énervant) : Je te demande pas si tu vas bien, je te demande ce que tu fais !
Danny (à l’autre bout du fil) : Je fais rien, ok ?
Samantha (essayant de se calmer) : Et bah si tu fais rien, monte.
Danny (à l’autre bout du fil) : Non Sam.
Samantha (insistante) : Et bah qu’est-ce que tu fais alors ?
Danny (à l’autre bout du fil, sur la défensive) : Mais rien !
Samantha (s‘énervant) : Mais monte alors !
Danny (à l’autre bout du fil, se retenant de crier) : J’ai besoin d’être seul.
Samantha (tentant de retrouver son calme) : Danny, dis-moi ce qui se passe. Je peux t’aider, j’en suis sûre.
Danny (à l’autre bout du fil, sur la défensive) : Non Sam. Tu peux pas m’aider. La seule chose que tu peux faire c’est me laisser tranquille. C’est tout.
Samantha (calmement) : Danny. S’il te plaît, laisse-moi t’aider...
Danny (à l’autre bout du fil) : Tu peux pas m’aider Sam.
Samantha (calmement, dissimulant de l‘inquiètude dans sa voix) : Pas si je sais pas ce qui se passe.

Il y eut un long silence pesant. Samantha entendait la respiration de Danny s’accélérer et elle, elle était là, ne sachant que faire pour l’aider. Elle se demandait si il lui faisait vraiment confiance, comme avant. Elle trouvait cela bizarre mais presque toutes ses relations s’étaient déteriorées en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire. Elle ferma ses yeux et imagina son ami tentant de lutter contre des larmes. Elle savait très bien qu’il ne pleurerait jamais devant quelqu’un. Même au téléphone, il fallait qu’il se cache. Elle n’y pouvait rien, il était comme ça et rien ne pourrait le faire changer. La jeune femme soupira discrètement puis reprit la conversation.

Samantha (hésitante) : Ecoute, si tu veux me parler, tu peux. Si tu ne veux pas, c’est pas grave. Mais je veux que tu saches que si tu as besoin d’aide, je suis là.
Danny (au bout du fil) : Je sais.
Samantha (hésitante) : Heu, j’ai appelé un médecin pour tout à l’heure. Alors, il faudra que tu viennes. Je sais que c’est peut-être que passager mais on sait jamais. Sur le terrain ça pourrait être dangereux alors...
Danny (au bout du fil) : Merci Sam.
Samantha (esquissant un sourire) : De rien.

Samantha replia son téléphone. Il avait toujours été protecteur avec elle, elle devait le lui rendre. La jeune femme soupira et repartit dans la salle de debriefing. Assise dans son siège, elle prit sa tête dans ses mains et laissa des larmes couler le long de ses joues. Pourquoi pleurait-elle ? Elle en ignorait la réponse. Peut-être qu’après cet incident elle avait besoin de laisser toutes les larmes qu’elle avait gardées couler. Se libérer de ce poids était peut-être la solution pour qu’elle se sente mieux. Pourtant, elle n’en avait pas l’impression. Pour elle, c’était sortir de cette « routine » qui la ferait aller mieux. Samantha soupira et essuya ses larmes d’un geste. Elle attrapa les relevés téléphoniques de la soeur de la disparue et se mit au travail pour se changer les idées. Comme d’habitude...

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Ca vous plaît toujours ? Pas trop sadique ?
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MessagePosté le: 05 Mai 2008 16:55    Sujet du message: Répondre en citant

c'est génial j'adore !! vite la suite
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MessagePosté le: 06 Mai 2008 11:04    Sujet du message: Répondre en citant

Que d'émotions!
"Pas trop sadique" ? Roulement des yeux Euh...si! Mais j'aime bien! Mort de rire
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MessagePosté le: 06 Mai 2008 11:59    Sujet du message: Répondre en citant

Ptdr ! ^^ Rah, j'ai fait pire, je finis pas sur un truc trop... Enfin, pas vraiment sadique ^^ M'enfin marci ^^
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MessagePosté le: 07 Mai 2008 10:09    Sujet du message: Répondre en citant

c'est hyper génial Roulement des yeux Clin d'oeil
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MessagePosté le: 10 Mai 2008 11:39    Sujet du message: Répondre en citant

miss taylor a écrit:
Rah, j'ai fait pire^^

Je sais bien! Mais en tout cas je veux la suite, pleaaaaaase!
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MessagePosté le: 10 Mai 2008 16:30    Sujet du message: Répondre en citant

Moi aussi !!! (enfin... Pour la troisième fois je crois !)
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MessagePosté le: 12 Mai 2008 19:48    Sujet du message: Répondre en citant

Ptdr ! Calme ! Ca avance ! ^^
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MessagePosté le: 18 Mai 2008 20:46    Sujet du message: Répondre en citant

Disparue depuis trois jours
Occupé à boutonné sa chemise depuis presque cinq minutes, Danny tentait tant bien que mal d‘oublier tous les doutes que son interlocuteur avait semé en lui. Le jeune homme se demandait même pourquoi il avait accepté de monter voir cet imbécile de médecin. Ah oui, pour que Samantha arrête de le harceler au téléphone. Il n’empêchait pas que tout ceci ne menait strictement à rien. Le brouahah qui régnait dans sa tête l’empêchait d’envisager la possibilité de croire ce que lui disait le généraliste. Et puis, de toute manière, quoi qu’il lui dise, Danny se contentait de hocher la tête en prenant bien le soin de ne pas laisser paraître la moindre petite émotion, la moindre petite attention. On aurait même pu lui dire qu’il allait mourir dans quelques secondes, il n’y aurait eu aucun effet dans la tête du jeune homme. Même pas un léger haussement de sourcil en signe d’incompréhesion. Rien. Le docteur continuait son barratin scientifique auquel Danny ne comprenait rien. Pourquoi fallait-il qu’il y ait autant de difficulté dans la médecine ? Pourquoi au lieu de dire « rhume » ces stupides généralistes notaient-ils « troubles nasals » ? Pourquoi fallait-il que cet abruti de toubib reste là alors qu’il savait pertinemment que son « patient » ne l’écoutait pas du tout ? Pourquoi Samantha s’était-elle autant inquiétée pour lui ? Pourquoi cela s’était produit ? Pourquoi lui était toujours là ? Pourquoi eux ne l’étaient plus ? Pourquoi avait-il vécu toutes ces épreuves pendant toutes ces années ? Pourquoi avait-il réussi à s’en sortir alors qu’il aurait mille fois mieux préféré y rester ? Pourquoi avait-il eu une seconde chance ? Pourquoi avait-il tout ce passé derrière lui ?... Danny soupira. Pas assez discrètement pour que le médecin ne s’en rende pas compte.

Le médecin : Vous allez bien ?
Danny (surpris, agressif) : Pourquoi vous me demandez ça ? Vous êtes médecin non ? C’est pas moi qui vais vous apprendre votre métier si ?
Le médecin (calmement) : Je sais que vous ne m’avez pas écouté et là vous soupirez. Je me demande juste ce qui ne va pa chez vous puisque ça fait je ne sais pas combien de temps que je vous explique que je ne suis pas plus avancé que vous.
Danny (agressif) : Ouais et alors ? J’ai pas envie de savoir si je vais bien ou pas. C’est pas mon problème. (baissant la voix) Enfin, c’est plus mon problème.
Le médecin : C’est pourtant bien votre problème. Vous êtes le premier concerné il me semble.
Danny (agressif) : J’en ai rien à faire d’être le premier ou le dernier concerné, ça n’a plus aucune importance pour moi.
Le médecin : Bon, en fait, finalement je crois savoir ce que vous avez.
Danny (agressif) : Ah oui et quoi ?
Le médecin : Vous déprimez.

Interdit, Danny tourna la tête vers le généraliste. « Touché ».

Le médecin : Et je suppose que c’est à cause de quelque chose d’ancien.

« Coulé ». Le regard dirigé vers le sol, Danny se leva du siège sur lequel il était et se posta devant le médecin. Les yeux de Danny croisèrent malencontreusement ceux du généraliste et le jeune homme se retrouva alors obligé de plonger ses prunelles noisettes dans celles de son interlocuteur.

Danny (hésitant) : Je peux savoir comment vous avez su ça ?
Le médecin : C’est facile, vous êtes renfermé, vous me regardez en face que quand vous êtes obligé de le faire, vous êtes agressif, et quand j’ai dit que vous déprimiez, vous aviez l’air complètement paumé. Et encore plus quand j’ai dit que ça touchait votre passé. Oui, non, peut-être ?

Danny resta de marbre : comment avait-il pu se laisser avoir comme ça ? Il n’avait rien laissé paraître pourtant et cette espèce de « génie » avait trouvé ?

Le médecin (froid) : Bon, répondez à ma question c’est pas ma tasse de thé de passer mon temps en tant que médecin de garde, ni en tant que médecin de consultation.
Danny (tentant de changer de sujet) : C’est votre boulot pourtant.
Le médecin (froid) : Peut-être mais vous n’êtes pas mon boss.
Danny : Ok...
Le médecin : Dites-moi, vous voulez vous en sortir ?
Danny : Je me suis déjà sorti de pas mal de choses alors...
Le médecin (sèchement) : J’ai pas besoin d’une réponse longue.
Danny : Je sais pas si je veux en fait.
Le médecin : Vous voulez savoir quelles sont les deux possibilités qui s’offrent à vous ?
Danny (soupirant) : Pourquoi pas, je suis plus à ça près.
Le médecin : Alors, soit vous allez vous tuer, soit vous allez parler à un psy. C’est clair, non ?
Danny : Vous n’y allez pas par quatre chemin.
Le médecin (froid) : Contrairement à vous.

Danny se mordilla la lèvre inférieure : ce type était vraiment... Raillant ! Si il n’était pas là pour lui rendre service, à quoi servait-il ? Heureusement qu’il ne pouvait pas être tranquille, sinon Danny aurait bien mis son poing dans la figure de cet abruti qui s’amusait à jouer avec ses nerfs ! Tentant de se calmer, le jeune homme baissa à nouveau la tête : hors de question de s’énerver... Même si il en mourrait d’envie...

Danny (soupirant) : Ecoutez, vous croyez sincèrement que vous pouvez m’aider à guérir de cette stupide dépression ?
Le médecin : Je peux pas vous guérir sinon je perdrais mon job, mais vous soigner ça je peux.
Danny : C’est la même chose non ?
Le médecin : Pas vraiment. Si tous les médecins guérissaient tout le monde, on aurait plus besoin de nous. On soigne juste nos patients, comme ça ils reviennent et on continue de gagner notre vie.

Danny haussa ses sourcils : après tout, ce toubib n’était peut-être pas aussi stupide qu’il en avait l’air... Néanmoins, le jeune homme doutait toujours : et si il avouait à ce type ce qu’il ressentait, comme il voulait qu’il le fasse ? Ou alors il attendait que Lisa Harris prenne rendez-vous avec lui ? Il n’était pas sexiste mais, avouer ça à une femme qui plus est qu’il connaissait à peine n’était pas si évident. Il n’arrivait déjà pas à parler ni à Samantha, ni à Elena, ni Vivian alors comment pourrait-il se décoincer avec Lisa ? Mais, si le généraliste qui se trouvait en face de lui répondait qu’il n’était pas psychologue et par conséquent le rembarrait... Danny ne connaissait pas mieux ce type que la psychologue attitrée du FBI... Il le connaissait même moins. Et il avait complètement oublié son nom à cause de son manque d’attention. Non, le choix était trop difficile à faire. Il fallait d’abord qu’il se sente en confiance avec le médecin. D’accord, il pouvait se cacher derrière le secret professionnel, mais vu la distance qu’avait instaurée le généraliste, il était difficile de lui parler.

Danny (s’asseyant) : Je peux vous demander quelque chose ?
Le médecin : Je suis là pour vous aider alors si ça peut vous être utile, je...
Danny (coupant le médecin) : Réponse courte.
Le médecin (surpris de la réponse de Danny, hochant la tête) : Allez-y.
Danny (presque à voix basse) : Si je vous explique ce qui se passe, vous ne direz rien, n’est-ce pas ?
Le médecin : Oui. Mais je peux savoir pourquoi vous parlez... (imitant le ton de Danny) Comme ça ?
Danny (presque à voix basse) : Y’a des micros de partout ici et, je sais pas si ils sont branchés.
Le médecin : Ah, et vous ne voulez pas que quelqu’un soit au courant.
Danny (tentant d’esquisser un sourire) : Exactement.
Le médecin (ironique) : Bon, et ben vous savez ce qui est pratique ?
Danny : Je vous demande pardon ?
Le médecin (ironique) : Un bout de papier.

Danny esquissa un sourire : tout compte fait, ce type était... Comme lui. Il avait un potentiel comique aussi aiguisé que le sien et après tout, ce n’était pas si terrible de se retrouver face à son espèce de double. Le jeune homme attrapa son carnet et son stylo dans la poche de sa veste pendue au porte-manteau de la pièce. Il prit quelques instants de réflexion de plus. En fait, pourquoi avait-il décider d’avouer ? Il n’en savait rien. Peut-être qu’il n’y avait aucune raison, à part éviter de se retrouver face à un rendez-vous pris de force par Jack ou quelqu’un d’autre pour lui face à cette femme. Se pinçant les lèvres, Danny ouvrit son stylo bille et commença à griffoner sur les feuillets du bloc-notes. Voyant que son « patient » ne s’arrêtait plus d’écrire, le médecin haussa un sourcil.

Le médecin (passant de l’autre côté du bureau) : Vous me faites un roman ou quoi ?
Danny (écrivant) : Non pas du tout. Mais il faut peut-être que vous compreniez, et c’est assez compliqué alors... Je prends de la place.
Le médecin : Vous commencez franchement à me faire peur.

Danny sourit : lui, faire peur ? Non, jamais ! Enfin, pas aujourd’hui... Il écrivit encore pendant quelques instants, trop concentré pour écouter les sarcasmes du généraliste qui tournait autour de lui. Lorsque le jeune homme arracha les feuilles gribouillées, le médecin se tut immédiatement. Probablement par curiosité. Mais il fallait reconnaître qu’avec lui, il était difficile de cerner quelque chose et d’y donner une signification de suite. C’était même à se demander si ce type avait un ami sur cette Terre en qui il avait confiance. En tout cas, si il en avait un, il devait certainement être à plaindre vu le caractère raillant du généraliste. Danny le laissa lire soigneusement son explication qui tenait presque trois pages de bloc-notes. Avalant difficilement sa salive à chaque fois que l’autre levait les yeux vers lui, le jeune homme commençait à regretter son acte : et si cet abruti lui riait au nez ? Et si plutôt que de l’aider, il le rendait encore plus mal à l’aise ? Et si Lisa Harris avait été plus compréhensive ? Entendant le médecin se râcler la gorge et se rasseoir dans son siège, Danny baissa les yeux : c’était trop tard maintenant, il fallait assumer et savoir entendre les critiques.

Danny (hésitant, levant les yeux) : Alors ?
Le médecin (hochant la tête) : Je crois que je comprends pourquoi vous êtes... Comme ça.
Danny : C’est-à-dire.
Le médecin (désignant les feuillets du bloc-notes) : C’est pas très facile à avouer ce que vous avez marqué là-dessus.
Danny (hésitant) : Et ? Vous en pensez quoi ?
Le médecin : Je pense que vous ne devriez pas vous en vouloir autant.
Danny (sur la défensive) : Vous plaisantez ? C’est de ma faute si ça s’est passé ! Et c’est pour ça que je suis allé au bar hier soir.

FLASHBACK
Danny (voix off) : J’ai craqué.

Danny entra dans le bar du coin de sa rue. L’esprit ailleurs, il se demandait pourquoi il était venu là. Cela faisait une dizaine d’années qu’il n’avait pas remit les pieds ici. Ses yeux se posèrent sur la place qu’il avait occupé pendant très longtemps. Vide. Comme si elle l’avait attendu. Le siège était tourné vers lui. C’était presque comme si elle lui parlait, comme si elle lui ordonnait de venir s’asseoir au comptoir, comme avant. Le jeune homme se laissa tenter et s’installa. Il attendit quelques instants que le serveur derrière le bar daigne lui adresser la parole.

Le serveur : Monsieur. Qu’est-ce que je vous sert ?
Danny : Un whisky scotch.
Le serveur : Tout de suite.

Le verre se posa comme par enchantement sous le nez de Danny quelques instants après la commande. « Putain mais qu’est-ce que j’ai fait... » pensa-t-il alors qu’il commenaçit à boire le contenu alcoolisé. Il finit son verre en à peine quelques secondes. Reposant l’objet brusquement sur le comptoir, le jeune homme baissa la tête : mais qu’est-ce qu’il faisait ? Il avait passé des années à guérir et il replongeait ? Pourquoi réduisait-il tous ses durs efforts à néant maintenant ? L’esprit encore vif, Danny fit signe à un garçon qui passait dans la salle.

Danny (tendant son verre) : La même chose s’il vous plaît.

Il n’attendit pas la réponse du serveur. Il se retourna et regarda dans le vide. Il était en train de se planter royalement, mais c’était impossible de faire marche arrière. C’était trop dur. Beaucoup trop dur. Il avait supporté de vivre avec toutes ces années, mais là, c’était trop. C’était aussi la deuxième fois qu’il craquait. On lui remit un verre plein en face de lui. Il avala le whisky et reposa l’objet à sa place. Soupirant, le jeune homme passa ses doigts sur ses yeux : sa vue ne s’était pas troublée mais il sentait des picotements à l’intérieur de ses pupilles brunes. Il accorda quelques secondes d’attention au vide et s’affala sur le comptoir. Il était pourtant loin d’être soûl mais le sentiment de culpabilité pesait très lourd sur ses épaules. Danny ferma les yeux. Il avait l’impression d’être retourné dans le passé en quelques fractions de secondes. Il avait replongé mais il était bel et bien dans le présent, affalé sur le comptoir d’un bar, n’étant pourtant pas ivre comme à son habitude dix ans auparavant. Se pinçant les lèvres, il passa sa main dans ses cheuveux courts. Pas ici. Non, pas ici. Il buvait déjà pour oublier. Il ne devait pas pleurer. Pas maintenant. Surtout pas maintenant. Danny releva brusquement la tête lorsque son téléphone portable sonna dans sa poche.

Danny (passant sa main sur ses yeux) : Taylor ?... Heu, je suis chez un pote... Non, la télé est à fond... Le match des Mets... Non mais il a le câble... Bah quand il est passé j’étais au boulot alors, on regarde la rediffusion... Oui, je passerai... Oui, promis. Je t’aime.

Le jeune homme raccrocha en soupirant : il était vraiment à bout pour lui avoir menti. « Chez un pote »... Il n’avait vraiment trouvé que ça comme excuse... Maintenant, il fallait en plus qu’il surveille l’heure pour ne pas être en retard et pour ne pas l’inquiéter. Il fallait arrêter. Elle s’en rendrait vite compte. Si il arrivait chez elle complètement ivre, elle le verrait, c’était évident... Sophie ne méritait pas de voir ça. Pas plus que sa mère. Danny ferma les yeux et fouilla dans sa poche. Il sortit un billet et laissa sa place.
FIN DU FLASHBACK

Le médecin : Dites-moi, vous avez fait quoi après ?
Danny : J’ai attendu que l’horaire d’une rediffusion ait fini et je suis parti chez elle.
Le médecin : Elle a vu que vous étiez bourré ?
Danny (sur la défensive) : J’étais pas bourré. (se radoucissant, baissant la tête) Mes vêtements sentaient l’alcool mais elle a dû pensé que c’était à cause de mon « ami ».
Le médecin : Et votre haleine ?
Danny (sur la défensive) : C’est bon, c’est fini cet interrogatoire ?!
Le médecin : C’est bon, c’est bon. Mais j’aimerai quand même que vous sachiez ce que je pense.
Danny (hachant la tête) : Allez-y.
Le médecin : Vivez au présent.
Danny (sur la défensive) : Ah oui ? Et il faut peut-être que je les oublie aussi ?
Le médecin : Je n’ai pas dit ça. Je pense que vous devriez arrêter de culpabiliser. Ca s’est produit. Vous ne pouvez rien y changer.
Danny (secouant la tête) : Je m’en fous.
Le médecin (ciant) : Non, vous ne vous en foutez pas d’accord ? (se radoucissant) Vous croyez en quoi ?
Danny : Depuis quelques temps, en rien du tout. Mais quel est le rapport ?
Le médecin (haussant les épaules) : Y’en a pas si vous ne croyez en rien.

Un silence passa entre les deux hommes. Danny défiait le généraliste du regard. En fait, il regrettait de lui avoir parler. Mais comme l’autre l’avait dit, ça s’était produit. Et il ne pouvait rien y changer. C’était trop tard.

Danny (soupirant) : Je peux y aller maintenant ?
Le médecin (hochant la tête, froid) : Allez-y.

Danny se leva. Il attrapa sa veste et l’enfila. La cravate mal faite, le jeune homme s’engagea dans le couloir au pas de course.

Le médecin : Agent Taylor ! Attendez !

Danny s’arrêta net : qu’est-ce qu’il lui voulait encore ? Se moquer de lui ?

Le médecin (tendant un carte à Danny) : Appelez-moi si jamais vous voulez parler.
Danny (prenant la carte) : Merci, j’y réfléchirai.

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MessagePosté le: 19 Mai 2008 16:00    Sujet du message: Répondre en citant

Rien à dire à part : Ca fait peur ! Mort de rire
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MessagePosté le: 19 Mai 2008 17:45    Sujet du message: Répondre en citant

Rah mais ! Tu soûles avec tes "ça fait peur" ! Mort de rire
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MessagePosté le: 20 Mai 2008 19:08    Sujet du message: Répondre en citant

Mais non ca fait pas peur !

alors comment t'exprimer ce que je ressent aprés avoir lu la suite ( tous les chapitres que j'avais en retard ^^ )...euh ben...voila...c'est...enfin...ouais c'est...bah tout ça en même temps quoi !

J'adore j'adore j'adore ! La suite !
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MessagePosté le: 21 Mai 2008 13:11    Sujet du message: Répondre en citant

Aahh, la suite!!
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MessagePosté le: 21 Mai 2008 13:26    Sujet du message: Répondre en citant

Une suite svp !!!
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MessagePosté le: 22 Mai 2008 8:02    Sujet du message: Répondre en citant

LA SUITE !!!!! c'est énorme j'adore
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